Soirée spéciale L’Europe face à la guerre, dès 20h55 sur Arte

Soirée spéciale L’Europe face à la guerre, dès 20h55 sur Arte

Ce mardi 03 novembre 2026 à 20h55, Arte programmera 4 documentaires inédit sur L’Europe face à la guerre.

 

Armement européen : des milliards pour quoi faire ?

Face à la menace de la guerre, l’Europe s’engage dans un réarmement d’une ampleur inédite depuis 1945. Mais les milliards sont-ils utilisés à bon escient ? Une enquête alarmante sur l'aveuglement des puissances du continent, qui peinent à rationaliser leurs dépenses militaires.

L’Europe s’arme, quoi qu’il en coûte, et qu’importe le gaspillage. D’ici 2030, les pays européens de l’Otan prévoient de dépenser près de 1 200 milliards d’euros pour acquérir avions de combat, missiles, navires de guerre, chars, drones, canons lasers. Des dépenses colossales malheureusement en ordre dispersé, avec des gouvernements qui privilégient leurs industries nationales et se font donc concurrence. En résulte une situation ubuesque : des doublons lors des commandes, du matériel acheté aux États-Unis plutôt qu’aux voisins européens, des armes inutilisables…

Les conséquences se font déjà sentir sur le terrain. En Ukraine, les militaires doivent composer avec un assortiment de systèmes d’armement parfois incompatibles. Des officiers parlent de "zoo technologique" livré par leurs partenaires européens. Au-delà des pertes financières, cette concurrence interne affaiblit les États. Alors que la guerre menace de s’étendre sur le sol du Vieux Continent, n’est-il pas temps de construire une armée européenne ? Des voix s’élèvent en ce sens, à l’image de Mario Draghi, ancien président de la Banque centrale européenne, qui, dans un rapport remis à la Commission, pointe les répercussions préoccupantes de ce manque de coordination.

 

Russie-Finlande : le nouveau front ?

Une passionnante plongée dans une Finlande méconnue que sa longue frontière avec la Russie place en première ligne pour assurer la défense de l’Europe face aux visées poutiniennes. Et qui en paie le prix. 

Autrefois zone de coexistence entre la Finlande et la Russie, c’est une frontière de 1 343 kilomètres, devenue hautement sensible à l’heure des menaces de Poutine visant l’Europe et l’Alliance atlantique. L'Ukraine "n'est que le début", avait prévenu il y a trois ans le général Andreï Mordvitchev, commandant en chef des forces terrestres de l'armée russe. Sur ces terres enneigées de forêts et de lacs, qui s’étendent de l’Arctique, au cœur d’enjeux stratégiques, à la Baltique, Moscou a déployé un dispositif militaire massif en 2023 depuis l’adhésion, après près de soixante-quinze ans de stricte neutralité, de la Finlande à l’Otan – avant la Suède un an plus tard.

Dans ce climat d’escalade, les autorités finlandaises ont fermé leur frontière avec la Russie, et en mars 2026, l'Otan étendait pour la première fois l’exercice militaire de grande ampleur baptisé Cold Response 26, dirigé par la Norvège, à ses deux nouveaux membres. Marquée par l’invasion soviétique de novembre 1939 et les quelque 26 000 morts de la traumatisante "guerre d’hiver", la Finlande, forte d’un réseau de plus de 500 000 abris, n’a jamais cessé de se préparer à assurer sa défense. Laquelle est désormais étroitement liée à celle de l’Europe. En juin, son Parlement approuvait même la levée de l'interdiction des armes nucléaires sur son territoire. Mais cette crise bouleverse durement la vie des frontaliers. Alors que les échanges de part et d’autre sont interrompus, des familles sont séparées et des villes comme Imatra, hier tournées vers la Russie et désormais fantômes, se meurent.

 

Poutine : après l'Ukraine, l’Europe ?

La guerre en Ukraine a bouleversé les équilibres sécuritaires en Europe. Alors que la Russie renforce ses capacités militaires, les pays de l’Otan revoient leurs stratégies de défense et envisagent de nouveaux scénarios. Entre dissuasion et préparation à la guerre, où en est l’Europe ?

La guerre en Ukraine se poursuit et le face-à-face entre la Russie et les États européens ne cesse de se durcir. Tandis que Moscou renforce ses bases et ses effectifs militaires, l’Otan élabore des plans d’urgence pour protéger ses frontières à l'Est. Le risque d’une confrontation armée est-il réel ? Depuis plus d’un an, une équipe de journalistes d’investigation enquête sur le renforcement militaire russe, du corridor de Suwalki, point de passage stratégique entre la Pologne et la Lituanie, aux abords des pays baltes. De nouveaux dépôts de munitions, casernes et véhicules de combat apparaissent le long de la frontière de l’Otan. En parallèle, des soldats russes de première ligne évoquent ouvertement leur volonté de combattre l’Europe, et le Kremlin se prépare à cette éventualité.

 

Vivre en Ukraine, en guerre

La réalité de ce que la guerre fait à une nation : sans commentaire, un plan large hypnotique et saisissant sur le visage à jamais transformé de l'Ukraine.

À Kiev, on déboulonne une statue érigée du temps du bloc soviétique, en hommage à l'"amitié des peuples de l'URSS" ; sur le front, des militaires tirent au canon en plaisantant, l'esprit ailleurs ; chez elle, une grand-mère écoute à la radio le récit des bombardements ; des enfants jouent près de l'eau à proximité d'un pont détruit ; une pelleteuse déplace des tonnes de gravats, dans le trou béant laissé par un immeuble pulvérisé ; au tribunal, un très jeune soldat russe est jugé pour le meurtre d'un civil ; à la morgue régionale n° 78, on enterre dans la boue des dizaines de cercueils ; sur une avenue, des adolescents donnent des coups de poing sur les carcasses de véhicules militaires pris à l'ennemi ; dans le soleil couchant, un cultivateur retourne son champ près d'un gigantesque obus non explosé ; sur un quai de gare, des couples s'embrassent anxieusement avant le départ vers le front ; dans un café, un orchestre improvise une gigue joyeuse ; des drapeaux ukrainiens claquent au vent, au-dessus de tombes innombrables…

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