Arte diffusera le mardi 20 octobre 2026 à 20h55 trois documentaires sur Israël, Gaza et Yemen.
Israël : Comment sauver la démocratie ?
Début 2023, un mouvement de protestation contre le gouvernement de Benyamin Nétanyahou mobilise la société israélienne, donnant lieu à une vague de manifestations prodémocratie sans précédent dans l’histoire du pays. Mais l’attaque du Hamas le 7 octobre a depuis confronté ses militants à de profonds dilemmes.
Au début de l'année 2023, la société civile israélienne se mobilise massivement contre le projet de réforme judiciaire porté par le gouvernement de Benyamin Nétanyahou, dénonçant une remise en cause des contre-pouvoirs et s’interrogeant sur l’avenir démocratique d’Israël. L’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 marque un coup d'arrêt : les contestataires se retrouvent dès lors tiraillés entre leur opposition au pouvoir et l'appel à défendre le pays face aux menaces extérieures. Alors que certains reprennent la mobilisation pour réclamer des élections et le retour des otages, d’autres accusent le gouvernement de profiter de l’état d’urgence pour affaiblir les institutions démocratiques.
Kibboutz Nir Oz, aux portes de Gaza
À travers la vie et les archives personnelles de Chaïm Peri, membre fondateur du kibboutz de Nir Oz et militant pour la paix, mort en captivité après avoir été enlevé lors des attaques du 7 octobre 2023, ce film aussi éclairant qu’émouvant retrace l’échec tragique d’une utopie collective et le destin douloureux d’une terre disputée.
Le 7 octobre 2023, près d’un quart des habitants de Nir Oz ont été tués ou enlevés par des combattants du Hamas. Parmi les otages figurait Chaïm Peri, l’un des fondateurs de ce kibboutz situé à la lisière de Gaza, mort en captivité quelques mois plus tard. Pendant plus de quatre décennies, celui qui fut aussi cinéaste et artiste a documenté, caméra à la main, le quotidien de ses camarades, du rêve originel à l’effritement social et économique du modèle collectiviste, emblème d’un sionisme socialiste autrefois triomphant.
Dans une société israélienne de plus en plus radicalisée et militarisée au fil des années, cet idéaliste inébranlable, qui prit part à toutes les guerres par fidélité à sa patrie, a milité jusqu'au bout contre l’occupation des territoires palestiniens et l’expansion des colonies. "J’ai peur des gens qui ont maintenant décidé que nous pouvons régler nos problèmes par la force", confiait-il lors d’une interview enregistrée en 2019.
Yémen : Carrefour de toutes les guerres
Les houthistes du Yémen deviendront-ils le prochain acteur majeur des guerres qui déchirent le Moyen-Orient ? Retour sur une décennie d'affrontements qui ont mis la société à genoux, renforcé les milices, et font craindre le pire pour le futur.
Que reste-t-il du Yémen ? En 2011, le président Ali Abdallah Saleh, qui avait unifié sous sa coupe un pays historiquement divisé entre chiites et sunnites, quitte le pouvoir après dix mois de manifestations dans le sillage des printemps arabes. Trois maigres années de liberté plus tard, les miliciens houthistes s'emparent par surprise de la capitale, Sanaa, puis en 2015 du port d'Aden, porte d'entrée de la péninsule Arabique et plaque tournante du commerce entre l'Europe, l'Asie et l'Afrique. Inquiets de la montée en puissance de ces fondamentalistes chiites, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis bombardent massivement le pays, causant d'immenses dégâts sans débloquer la situation. Le Yémen s'enfonce dans le chaos : économie effondrée, disparition des services publics, inflation stratosphérique, famine généralisée et épidémie de choléra… En 2023, les attaques du 7 octobre contre Israël fournissent aux houthistes un nouvel objectif meurtrier. Ces partisans de l’"Axe de la résistance", aux côtés de l’Iran et du Hamas à Gaza, déclenchent pour la première fois des tirs de missiles et de drones contre l'État hébreu. En perturbant le trafic commercial en mer Rouge, ces derniers font état de leur surprenante capacité de projection, et de leur résilience face aux répliques américaines ordonnées par Donald Trump. Selon les Nations unies, le mouvement aurait profité de sa guerre contre Israël pour doubler ses forces, en recrutant 200 000 hommes supplémentaires.