Arte diffusera le mardi 02 juin 2026 les deux documentaires inédits « Europe : le choix des armes » et « Nucléaire : opération dissuasion ».
Europe, le choix des armes
Depuis la chute de l’URSS, l’Europe a vécu dans une illusion sécuritaire, pensant la guerre révolue. Une analyse fouillée des raisons de cet aveuglement et du défi que représente le réarmement du continent face à la menace russe et au risque de désengagement américain de l’Otan.
Après l’éclatement de l’URSS, l’idée que la guerre appartiendrait au passé s’est installée en Europe. La plupart des pays ont réduit leurs investissements militaires, privilégiant les dépenses sociales et comptant, pour leur protection, sur les États-Unis via l’Otan, l’alliance créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour contenir l’expansion soviétique.
Mais aujourd’hui, ce modèle vacille. Alors que la Russie de Vladimir Poutine mène une guerre meurtrière en Ukraine et déstabilise les démocraties libérales à travers des opérations hybrides, les Européens font également face aux attaques des États-Unis, qui ont le sentiment depuis longtemps déjà d’être les seuls à payer pour la sécurité du continent.
Donald Trump est même allé jusqu’à envisager d’annexer le Groenland, territoire autonome du Danemark faisant partie de l’Otan. Sous sa pression, et face aux périls qui les guettent, les pays membres de l’organisation investissent aujourd’hui massivement dans leurs industries de défense et leurs armées, pour certaines atrophiées. Parmi eux, des voix plaident pour une autonomie stratégique, à l’instar d’Emmanuel Macron.
En mars 2026, celui-ci a ainsi ouvert la voie à un partage de la dissuasion nucléaire française. Mais entre divergences de vues, compétition entre partenaires, dépendance aux armes américaines ou encore retard technologique, le chemin vers une défense commune est semé d’embûches...
Nucléaire, opération dissuasion
Face à la dégradation des relations transatlantiques et aux recompositions géopolitiques récentes, de quelles options l’Europe dispose-t-elle pour se protéger ? Seule puissance nucléaire indépendante du continent, la France se retrouve au cœur des réflexions stratégiques à l'heure où se pose la question d’une dissuasion commune.
Depuis près de quatre-vingts ans, la sécurité européenne repose en grande partie sur le parapluie nucléaire américain, mis en place lors de la création de l’Otan. Mais ce modèle de dissuasion se retrouve aujourd’hui fragilisé par la guerre en Ukraine, déclenchée par la Russie en 2022, et par la dégradation des relations transatlantiques, notamment depuis la réélection de Donald Trump. Face à ces incertitudes, la question d’une autonomie nucléaire européenne revient au premier plan. Seule puissance du continent à disposer d’un arsenal entièrement indépendant, la France apparaît comme un acteur central.
À l’été 2025, le président Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer ont signé un accord visant à renforcer la coopération nucléaire entre Paris et Londres. En mars 2026, la France a par ailleurs annoncé une évolution de sa doctrine, ouvrant la voie à une collaboration accrue avec ses partenaires européens. Dans le même temps, des débats émergent en Allemagne et en Pologne autour de programmes nationaux, tandis que progresse l’idée d’un arsenal nucléaire européen commun. Mais une telle stratégie peut-elle devenir pérenne sans le soutien des États-Unis ?