Arte diffusera ce mardi 31 mars 2026 trois documentaires inédits sur la thématique de la pollution.
Tous empoisonnés : Le fléau des PFAS
Les composants chimiques des PFAS envahissent notre quotidien malgré une toxicité qui menace autant notre santé que notre environnement. Un documentaire essentiel sur un scandale au long cours, mêlant la rapacité meurtrière des firmes et l’aveuglement des États.
Sapeur-pompier en Seine-Maritime, Laure Moriot a survécu à un cancer. Mais autour d’elle, nombre de ses collègues n’ont pas eu cette chance. Parmi les dangers qui menacent une profession classée en 2022 comme cancérogène, les mousses anti-incendie sont particulièrement suspectées : elles contiennent des PFAS, ces molécules de synthèse toxiques, créées dans les années 1940 pour le projet "Manhattan", la bombe atomique américaine. Résistant à des températures extrêmes, les “substances per- et polyfluoroalkylées” ont vite attiré les industriels, qui ont compris le profit qu’ils pouvaient en tirer et les ont rendues omniprésentes dans notre quotidien depuis plus de soixante-dix ans.
Incorporés dans nos joggings, serviettes hygiéniques, cartons de pizzas, jouets de bain, téléphones, ordinateurs et bien d’autres objets, les PFAS (prononcé “Pifasse”) nous facilitent la vie. Des études indépendantes ont pourtant prouvé depuis les années 2000 la dangerosité de ce que l’on appelle “polluants éternels” : rejetés dans l’environnement, ils sont invisibles et indestructibles. Désormais, les PFAS sont partout : dans les sols de nos jardins, dans l’eau que nous buvons, dans l’air que nous respirons et donc dans le sang de tous les êtres vivants sur Terre. Une bombe à retardement, amorcée par des firmes qui en connaissent depuis longtemps le potentiel destructeur...
Déchets toxiques : Une bombe sous nos pieds
Autrefois préservées, les entrailles de la Terre se transforment en décharges, de plus en plus de pays y enfouissant leurs déchets toxiques ou radioactifs. Enquête sur ces cimetières souterrains qui soulèvent des enjeux économiques, écologiques et démocratiques.
Alors que la révolution industrielle a progressivement pollué l’air, l’eau et les sols, les entrailles de la Terre étaient longtemps restées à l’abri de cette contamination globale. Or un nombre croissant de pays enterrent leurs déchets nocifs, à l’instar de la France et de l’Allemagne. Des exemples ont pourtant montré que cette solution n’était pas sans danger. L’ancienne mine de sel d’Asse, en Basse-Saxe, où furent enfouis des fûts radioactifs, et le site de stockage de déchets toxiques de Stocamine, à Wittelsheim, en Alsace, se retrouvent ainsi au cœur de scandales industriels dont le coût pourrait s’avérer exorbitant, tant sur le plan financier qu’écologique, les rebuts menaçant de contaminer les nappes phréatiques.
Pour limiter le risque, une nouvelle génération de sarcophages nucléaires voit le jour, comme en Finlande, où le centre d’Onkalo se veut à la pointe. Mais les cylindres en cuivre dans lesquels les combustibles usés seront encapsulés résisteront-ils à la corrosion ? Ailleurs, des projets visant à capturer le dioxyde de carbone et à l’injecter sous les mers émergent. C’est le cas en Norvège, où un cimentier s’est doté de l’un des premiers absorbeurs au monde. Le CO2 est ensuite acheminé jusqu’à une plate-forme d’enfouissement détenue par des géants pétroliers, lesquels investissent de plus en plus dans ce nouveau marché fondé sur leurs propres émissions…
Irak – La malédiction du pétrole
En Irak, un jeune activiste courageux mène une croisade pour faire reconnaître la responsabilité de l’industrie pétrolière dans la pollution de l’air et de l’eau. Un témoignage édifiant sur un désastre sanitaire et environnemental.
Tout au long du fleuve Tigre, qui traverse l’Irak du nord au sud, les champs pétrolifères concédés depuis le début des années 2010 à des multinationales étrangères afin d’augmenter la production nationale sont incriminés dans la contamination des eaux et de l’air. À Qayyarah, une ville du nord du pays où opère notamment la compagnie ougandaise Sonangol, Khalid al-Walid, un entrepreneur de 24 ans, se bat pour faire reconnaître leurs responsabilités dans l’explosion à bas bruit de maladies des voies respiratoires, de cancers, de naissances prématurées et de décès précoces. En cause, notamment, les molécules chimiques émises lors des opérations de torchage de gaz qui accompagnent l’extraction du pétrole et les rejets toxiques déversés dans le fleuve. Bien que le gouvernement irakien et les pétroliers se soient engagés à faire cesser ces pratiques d’ici à 2030, le jeune homme, qui ne croit pas à leurs promesses, entreprend, à la suite d’autres, de dénoncer le désastre en cours.