Ce soir à 20h55, Arte consacre sa soirée aux mères tueuses avec un film inédit et un documentaire inédit.
20h55 - Saint Omer
Inspiré par l’affaire Fabienne Kabou, mère infanticide d’une mystérieuse opacité, un film magistral de prétoire, première fiction multiprimée d’Alice Diop, qui explore les non-dits teintés de racisme autour de l’accusée.
Pour nourrir son nouveau roman, version contemporaine du mythe de Médée, Rama, jeune écrivaine et professeure de littérature, entreprend d’assister au procès de Laurence Coly, mère infanticide qui comparaît aux assises de Saint-Omer, dans le Pas-de-Calais. Un soir d’automne, cette femme, d’origine sénégalaise, a abandonné aux vagues sa fillette de 15 mois à Berck-sur-Mer. Au fil des audiences, l’accusée révèle une personnalité énigmatique sous le regard fasciné de Rama, noire elle aussi, et enceinte.
Avec : Guslagie Malanda, Kayije Kagame, Valérie Dréville, Aurélia Petit, Xavier Maly, Robert Cantarella
22h55 – Mères à perpétuité
En France, tous les dix jours, un enfant est tué par sa mère. En donnant la parole à certaines de ces femmes et à leurs proches, ce documentaire jette un regard neuf sur un phénomène sociétal encore tabou.
Lorsque la tempête intérieure s’accentue au point que sa puissance devient insupportable, alors s’impose pour elles une seule décision : se tuer, et emporter les enfants avec elles. Hélène s’est pendue après avoir tué son fils de 4 ans ; Cécile a tenté de se suicider après le meurtre de son fils ; Christelle s’apprêtait à ôter la vie à ses deux filles avant de renoncer.
À chaque fois, les mêmes mots reviennent : "Je n’avais pas le choix." Qu’importe l’âge ou le milieu social, les récurrences surprennent lorsqu’il s’agit de comprendre les motifs des infanticides commis par des mères pourtant aimantes et fusionnelles, bien loin des monstres imaginés. "Dans l’ombre de la femme qui tue, explique le psychiatre Mathieu Lacambre, il y a souvent un homme qui a participé aux violences ou qui n’a pas vu." Viol, inceste ou violences conjugales émergent dès lors que les parcours de vie se révèlent.
Rattrapées par leur souffrance, ces femmes perdent peu à peu pied, finissant par planifier le passage à l’acte. L’inéluctable s’enclenche…