Ce soir à 20h55, Arte diffusera les trois volets de la série documentaire inédite « Mafias et banques ».
Comment, des années 1920 à nos jours, le capitalisme financier a renforcé peu à peu son alliance occulte avec les organisations mafieuses. Une implacable enquête sur trois continents, entre thriller économique et saga historique.
Le temps des pionniers
New York, 1920. Dans l’euphorie des Années folles, les salaires comme la consommation augmentent et la Bourse de Wall Street est en pleine effervescence. Parallèlement, la prohibition booste les ventes clandestines d’alcool, enrichissant la pègre, dont Al Capone incarne la réussite. Après le krach de 1929, lorsque le président Roosevelt met en place le New Deal pour remédier aux ravages de la crise, des grandes fortunes cherchent à échapper à l’impôt, et la Mafia s’immisce dans les circuits tout neufs de l’évasion fiscale.
Follow the Money
À la fin des années 1980, l’agent des douanes américain Robert Mazur – alias Bob Musella – infiltre le cartel de Medellín en tant que “blanchisseur”. Sa rencontre avec un narcotrafiquant colombien le conduit à contacter, à Miami, la banque pakistanaise BCCI, adepte du secret bancaire et implantée dans un paradis fiscal, les îles Caïmans. Sous couverture, il organise le blanchiment de l’argent du cartel par le biais d’une société-écran, qui transforme les fruits du trafic en prêts à destination de divers secteurs juteux. Il découvre ainsi le rôle prépondérant que jouent les paradis fiscaux en faveur du crime organisé
L'internationale criminelle
Durant les années 1980, voyant se profiler l’effondrement de l’URSS, des hauts gradés du KGB, les services secrets soviétiques, ont planifié la sortie de l’autre côté du rideau de fer d’une partie des ressources de l'empire, qu’ils placent dans des sociétés-écrans chypriotes. À partir de 1992, les premiers oligarques, qui se sont approprié une large part de l’industrie russe – d’aluminium notamment – se lient, par souci de protection, avec le crime organisé pour profiter pleinement de la transition sauvage vers l’économie de marché, sous la présidence de plus en plus défaillante de Boris Eltsine.