Ce soir à 20h55, Arte diffusera le documentaire inédit « L'incendie du Reichstag : quand la démocratie brûle ».
Berlin, 27 février 1933. Il est un peu plus de 21 heures lorsque les premiers témoins aperçoivent des flammes se propager à l’intérieur du Reichstag. Un jeune chômeur néerlandais presque aveugle, Marinus van der Lubbe, est retrouvé seul dans l’édifice. Pour Hitler, il s’agit d’un complot des "Rouges". Cent mille communistes et sympathisants sont arrêtés dans la nuit et les jours qui suivent, enfermés dans les premiers camps de concentration nazis.
Sur la base des déclarations d’un député nazi et d’un cafetier, le président du groupe communiste à l’Assemblée Ernst Torgler et trois activistes bulgares, dont Georgi Dimitrov, futur dirigeant de son pays, sont bientôt désignés comme les complices de van der Lubbe. Alors que l’Allemagne s’enfonce dans la dictature – Hitler obtient les pleins pouvoirs en mars, le Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) devient parti unique en juillet et la terreur ne cesse de s’intensifier, visant également les juifs –, la résistance s’organise depuis l’étranger. Le député communiste allemand Willi Münzenberg, qui a réussi à fuir, supervise la publication d’un Livre brun sur l’incendie du Reichstag, best-seller mondial dénonçant une machination nazie. Le 21 septembre, le procès s’ouvre à Leipzig, retransmis en quasi simultané à la radio.
Au fil des audiences, les allégations contre Hitler et ses chemises brunes (les SA) gagnent en crédibilité. Pour les nazis comme pour les communistes, van der Lubbe fait dès lors office de parfait bouc émissaire. Le 23 décembre 1933, il est condamné à mort, tandis que ses quatre coaccusés sont acquittés.