Inédit, Antisémitisme, une haine toujours en mouvements, le dimanche 15/11/2026 à 21h05 sur France 5

Inédit, Antisémitisme, une haine toujours en mouvements, le dimanche 15/11/2026 à 21h05 sur France 5

Le dimanche 15 novembre 2026 à 21h05, France 5 diffusera le documentaire inédit « Antisémitisme, une haine toujours en mouvements ».

Le 12 novembre 2023, 200 000 personnes manifestent dans toute la France pour lutter contre la hausse de l’antisémitisme. Un parti politique manque à cette marche : la France Insoumise, tandis que le Rassemblement National y est présent, aux côtés de l’ensemble des autres forces de l’échiquier politique français.

Après le 7 octobre, la riposte militaire disproportionnée menée par le gouvernement d’extrême droite de Benyamin Netanyahou provoque une catastrophe humanitaire, dont la population gazaouie subit les conséquences dramatiques. LFI s’empare de cette question et se retrouve au centre d’accusations d’antisémitisme, les frontières n’étant pas toujours faciles à établir dans le débat entre contestation du gouvernement israélien et antisionisme, antisionisme et antisémitisme. Alors que, depuis l’Affaire Dreyfus, l’antisémitisme est une caractéristique distinctive de l’extrême droite, ce renversement apparent impose de revenir aux origines de cette passion triste en France.

Né en Allemagne en 1879, elle trouve, en France un terrain particulièrement fertile avec La France Juive de Drumont (1886), avant de traverser la gauche comme la droite. C’est l’affaire Dreyfus, sous l’impulsion de Zola et de Jaurès, qui opère la bifurcation : la gauche y comprend que l’antisémitisme contredit ses fondements, tandis que la droite en fait un pilier identitaire. Vichy est l’aboutissement de ce mouvement. L’antisémitisme y devient une politique d’État portée par le gouvernement de Pétain, et les forces d’extrême-droite même si des opportunistes venus de la gauche, comme Pierre Laval ou Marcel Déat, y participent aussi. Après la découverte des horreurs de la Shoah, l’ONU adopte le plan de partage de la Palestine, qui conduit à la création de l’État d’Israël en 1948, provoquant alors le déplacement forcé de 700 000 Palestiniens. La Guerre des Six Jours en 1967, puis l’occupation durable de la Cisjordanie, l’absence de solution donnée à la question palestinienne, alimentent progressivement à gauche un antisionisme croissant, tandis qu’à l’extrême droite le négationnisme reste l’horizon idéologique dominant.

En 1972, la fondation du Front National rassemble des nostalgiques de la collaboration et des anciens Waffen-SS, Jean-Marie Le Pen se fait le porte-voix de cette extrême-droite antisémite, antisioniste et négationniste. Arrivée à la tête du RN, Marine Le Pen cherche à marquer une rupture avec ce triple héritage du Front National, opérée par une stratégie de lissage médiatique, jusqu’à un positionnement désormais ouvertement pro-israélien. À l’inverse, depuis 2013 et surtout depuis le 7 octobre 2023, l’extrême gauche est accusée de jouer sur la corde du sentiment antijuif, provoquant une fracture profonde au sein du camp progressiste. À travers certains de ses discours et écrits, Jean-Luc Mélenchon, chef de file de LFI, se retrouve notamment accusé de flirter avec l’antisémitisme. Une inversion apparente des repères historiques, qui interroge la situation politique actuelle de l’antisémitisme dans le champ politique français, bien qu’il soit rejeté par la grande majorité de la population et qu’il demeure disqualifiant pour les forces politiques qui seraient tentées d’en faire usage.

 

L’antisémitisme en paroles ou en actes, ressurgit dans l’espace public. Cependant, un étrange renversement idéologique semble s’opérer sur l’échiquier politique : l’extrême droite, héritière historique de ce racisme, s’efforce de se présenter comme le rempart contre l’antisémitisme. Quant à l’extrême gauche, parti combattant tous les racismes, certaines de ses figures emblématiques se retrouvent accusées de nourrir des ambiguïtés antisémites.

Après les épouvantables attentats terroristes du Hamas du 7 octobre et le déclenchement de la riposte extraordinairement brutale de l’État hébreu qui a causé plus de 73 000 victimes dont 21 000 enfants, se développe un mouvement international de réprobation, au sein duquel émerge malheureusement un amalgame injuste confondant en un seul ensemble indistinct les Juifs, les Israéliens et les partisans du Premier ministre Benyamin Netanyahou.

Cette confusion a donné lieu à une flambée des actes antisémites en France qui augmentent de 280 % en 2023 par rapport à 2022 et restent depuis lors à un niveau trois fois supérieur à ce qu’il était avant le 7 octobre. Les propos antisémites reprennent de la vigueur, pire, se banalisent et réintègrent par allusion certains discours politiques.

Nous avons voulu comprendre comment, pourquoi et où se développe ce nouvel antisémitisme dans le champ politique. Structure-t-il encore la pensée de certains partis ? N’est-il qu’une variable d’ajustement électorale ? Où trouve-t-il ses racines et ses moteurs profonds ?

Pour comprendre la grande confusion qui semble avoir gagné les esprits, nous avons entrepris de regarder l’Histoire, de l’apparition de la pensée antisémite dans le discours politique à la fin du XIXᵉ siècle jusqu’aux amalgames les plus récents.

Denis Olivennes, Anne Sinclair et Gabriel Le Bomin

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