Une soirée documentaire historique consacrée à l’Espagne dès 21h00 sur Arte

Une soirée documentaire historique consacrée à l’Espagne dès 21h00 sur Arte

Ce mardi 11 novembre 2025 à 21h00, Arte proposera trois documentaires inédits consacrés à l’Espagne.

 

Espagne, une guerre sans fin (1/2)

Avec les témoignages des héritiers des deux camps, enfants de républicains et de franquistes, une passionnante plongée en archives au cœur de la fratricide guerre d’Espagne, qui hante encore profondément les mémoires.    

Espagne, 17 juillet 1936. Un soulèvement militaire, parti de la garnison de Melilla basée au Maroc, tente de faire tomber la IIe République, proclamée en 1931 à l’issue d’élections démocratiques. Dans ses grandes réformes, qui affolent les élites, la bourgeoisie et l’Église, les insurgés voient un fléau animé par des bolchevik. Pour la défendre, le gouvernement autorise la population à prendre les armes. Des milices de soldats improvisés, dont nombre de femmes, se forment, épaulées par la fraction loyaliste de l’armée. Madrid résiste. Mais avec le ralliement aux nationalistes du général Franco, qui prend la tête de l’armée d’Afrique, le pays sombre dans une guerre civile totale. Abandonnée par les démocraties occidentales, la République espagnole vacille. En quelques semaines, les nationalistes, soutenus par l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste, s’emparent des régions conservatrices, et imposent une "terreur blanche" dans les villes et villages conquis, perpétrant des viols et exécutant sommairement des élus, des militants de gauche et des fonctionnaires. Dans un esprit de revanche contre la République laïque, la plupart des membres du clergé les rejoignent. Dans les zones encore acquises aux républicains, des religieux sont à leur tour traqués et abattus. Avec la prise de pouvoir par les anarchistes à Barcelone et en Aragon s’amorce alors une révolution sociale, et à l’automne 1936 débarquent les premiers contingents des Brigades internationales. La guerre s’intensifie. En avril 1937 à Guernica, un quart des habitants trouve la mort dans le premier bombardement massif de civils par la légion Condor nazie. En mai à Barcelone, de sanglants combats opposent anarchistes et communistes. Alors que les Soviétiques livrent aux républicains des armes insuffisantes et obsolètes, le NKVD de Staline s’emploie à éliminer les membres du POUM (Parti ouvrier d'unification marxiste), qui avait dénoncé les grandes purges de Moscou. Les nationalistes, eux, font bloc derrière un Caudillo à l’ascension fulgurante, chef d’État, des armées, et bientôt chef suprême du parti unique.  

 

Espagne, une guerre sans fin (2/2)

1er avril 1939. Au lendemain de la chute de Madrid, les armes se taisent après mille jours de combats et 400 000 morts, dont une moitié de civils. Avec la victoire du franquisme, une chape de plomb s’abat sur une Espagne traumatisée et profondément fracturée, jusqu’au cœur des familles. Le Caudillo, qui avait promis une paix de la réconciliation, poursuit sa croisade contre les républicains. Dès 1940, plus de 240 000 détenus s’entassent dans des camps de concentration. Au cours des premières années de la dictature, entre 150 000 et 200 000 personnes disparaissent, enterrées à la hâte au bord des routes et dans des fosses communes. À partir de 1941, dans des territoires républicains rongés par la misère, la famine sévit, causant la mort de 200 000 Espagnols. Avec l’armée, le parti unique et l’Église comme piliers, le régime franquiste entreprend une mission de "régénération morale de la patrie". En cours d’émancipation sous la République, les femmes, surveillées, sont renvoyées à leur foyer. Des baptêmes de masse sont organisés et plus de 30 000 bébés sont arrachés à leur mère détenue. Face à l'impitoyable répression, une poignée d’hommes et de femmes prennent le maquis pour continuer la lutte. Mais l’appui espéré des armées alliées pour renverser Franco ne vient pas. Le Caudillo ne connaît pas la même fin que Hitler et Mussolini, et la guerre se poursuit en silence.

 

Espagne, de la dictature à la démocratie

Après la mort de Franco en 1975, l’Espagne s'engage sur la voie de la démocratie. Retour sur cinquante ans de bouleversements politiques, de luttes sociales et de construction démocratique dans un pays en quête de liberté.    

Il y a cinquante ans, le 20 novembre 1975, avec la mort de Francisco Franco, l’Espagne s’engageait dans une transition démocratique, après près de quatre décennies de dictature. Nés ce jour-là, Óscar Martín et Paloma Rodríguez ont grandi dans un pays en mutation et leurs histoires personnelles se mêlent aux événements qui ont marqué cette période : l’attitude du roi Juan Carlos Ier, pourtant mis au pied du trône par le Caudillo, en faveur de la jeune démocratie ; la tentative de coup d'État du 23 février 1981 ; la Movida, révolution culturelle qui voit émerger une scène alternative et contestataire, portée par des figures emblématiques comme le réalisateur Pedro Almodóvar ; le terrorisme indépendantiste de l’Euskadi ta Askatasuna (ETA) ; l'absence de travail de mémoire sur les crimes franquistes ; et enfin, la montée d'une nouvelle droite déterminée à revenir sur les acquis de la "transición", et la résistance d’une partie des citoyens, comme la sénatrice Carla Antonelli, qui milite pour les droits des personnes LGBTQIA+.    

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