Ce mardi 04 novembre 2025, Arte proposera une soirée spéciale consacrée aux Etats-Unis avec trois documents inédits.
Trump contre la loi
Limogeages massifs, instrumentalisation de la justice... Un an après la réélection de Donald Trump, décryptage d’une stratégie sidérante menée par le camp MAGA contre l’État de droit et l’équilibre des pouvoirs.
Sous le coup de plusieurs procédures judicaires, notamment pour son rôle dans l’assaut du Capitole, Donald Trump quittait en janvier 2021 la Maison-Blanche pour ce qui ressemblait alors à quatre années d’exil. Réélu et désormais entouré d’une garde rapprochée totalement acquise à sa cause, le milliardaire s'est efforcé de redessiner le cadre du pouvoir présidentiel et de tester une par une, à coups de décrets et d’offensives, les limites du droit américain. Mise au pas des agences fédérales indépendantes, limogeages massifs au sein des ministères et du FBI, instrumentalisation de la justice et de la Cour suprême, intimidation des contre-pouvoirs…
Pour ses partisans, il s’agit de la refonte du gouvernement qu’il avait promise de longue date. Pour ses opposants, ce n’est rien de moins qu’une entreprise concertée d’affaiblissement de la démocratie : une stratégie du choc à l'encontre de l’État de droit, visant à étendre le champ d’action du pouvoir exécutif au détriment des institutions législatives et judiciaires. Jamais la démocratie américaine n’avait été confrontée à une telle remise en cause de ses propres fondements.
Julian Assange : l’homme à faire taire
Militant ? Journaliste ? Hacker narcissique ? Portrait du fondateur de Wikileaks, icône controversée dont le bras de fer avec le gouvernement américain a mis en lumière le rôle crucial des lanceurs d'alerte dans l'espace démocratique.
"Afghan War Logs" : trois mots qui projettent un jeune hacker australien sur le devant de la scène médiatique mondiale. Au printemps 2010, Julian Assange, fondateur du site WikiLeaks, publie près de 77 000 documents classés "secret-défense" qui jettent une lumière crue sur les violences et les crimes de guerre commis par les États-Unis en Afghanistan et en Irak. Mais, six mois plus tard, le lanceur d’alerte est accusé de viol et d’agression sexuelle par deux femmes en Suède, Interpol émettant un mandat d'arrêt international à son encontre : des faits qu’il nie, arguant qu’on cherche à discréditer son combat.
Après s’être rendu à la police britannique, le cybermilitant est placé en résidence surveillée, avant d’obtenir l’asile politique dans l’ambassade d'Équateur à Londres. Il y restera sept ans et publiera les documents d'Edward Snowden sur la surveillance globale par l’Agence nationale de la sécurité américaine (la NSA) des télécommunications entre particuliers, puis, en 2016, des e-mails du Parti démocrate américain mettant au jour les dessous peu reluisants de la campagne de Hillary Clinton pour la primaire : une opération orchestrée en sous-main par les services de renseignements de la Russie, le FSB, pour affaiblir la candidate, à l’époque présidentiable.
En 2017, Assange met en ligne "Vault 7", la plus grande révélation de dossiers confidentiels de la CIA, relatifs à son arsenal cyber. L’agence riposte en infiltrant la compagnie en charge de la sécurité de l'ambassade d'Équateur où le "hacktiviste" est réfugié, projetant même un enlèvement et un assassinat. Après une alternance politique en Équateur, Assange est finalement arrêté par les forces de police britanniques en 2019.
Femmes violées : que justice soit faite
À travers une chronique judicaire édifiante, le combat de huit Texanes victimes de viol pour obtenir justice face à un système défaillant.
Marina, Hanna, Heather, Angela, Amanda, Kelly, Julie Ann, Amy Smith : la vie de ces huit Texanes a basculé quand elles ont été violées – par un camarade de classe, un partenaire ou un inconnu. Si elles ont eu le courage de porter plainte contre leur agresseur, celle-ci a été chaque fois rejetée par la justice du comté d’Austin, à l’issue d’enquêtes bâclées, parfois en dépit de preuves accablantes. En 2018, ces femmes ont décidé de déposer ensemble un recours collectif contre les autorités judiciaires et policières, poursuivant la ville et le comté pour déni de justice.
Au cœur de leur accusation : un système qui empêche les femmes d’accéder à leurs droits les plus élémentaires, et dont elles réclament une réforme en profondeur. Julie Lunde Lillesæter les a suivies, elles et leur avocate, dans leur combat : une course d'obstacles qui montre le chemin restant encore à parcourir – des deux côtés de l’Atlantique – pour que les victimes de viol soient enfin entendues et que les lois existantes soient réellement appliquées. Aux États-Unis comme en France, moins de 1% des plaintes pour viol débouchent actuellement sur une condamnation.