Ce soir à 20h55, Arte dévoilera deux nouveaux opus inédits de la série documentaire « Les coulisses de l'histoire ».
Fondée sur les derniers travaux des historiens, cette passionnante collection documentaire nuance certaines idées ancrées dans la mémoire collective, en restituant les faits dans toute leur complexité. Dans le premier volet : la réalité derrière l’image de toute-puissance des submersibles nazis. Dans le second de la soirée : en 1962, les États-Unis ont su retourner en leur faveur une crise des missiles qu’ils n’ont pourtant pas vraiment maîtrisée...
U-Boot, la menace fantôme
La postérité a fait des U-Boote allemands de terrifiantes machines de guerre qui ont régné sur l’Atlantique durant tout le second conflit mondial. Qu’en est-il réellement ? Dès le début des affrontements, les sous-marins du contre-amiral Karl Dönitz démontrent leur efficacité, supérieure à celle des vaisseaux de surface de la Kriegsmarine, et leurs capitaines deviennent les héros du IIIe Reich. Hitler ordonne alors la construction d’une armada de submersibles, chargés d’asphyxier le Royaume-Uni puis, plus tard, de se lancer à l’assaut des États-Unis. Mais si les "loups", qui surgissent des abysses pour attaquer en meute, terrorisent les équipages ennemis, ils ne parviendront jamais à couper l’approvisionnement britannique ni à contrer la puissance industrielle américaine. Progressivement, alors que les chantiers navals du pays produisent des cargos (les "Liberty ships") à la chaîne, les Alliés s’organisent pour défendre leurs convois et s’appuient sur les derniers progrès scientifiques en matière de détection et d’armement afin de déjouer la menace fantôme. Pour 3 500 bateaux coulés, 30 000 sous-mariniers allemands, sur les 40 000 engagés, ont ainsi fini au fond des océans aux côtés de leurs victimes.
La crise des missiles de Cuba, la victoire de Khrouchtchev
Au début des années 1960, les Américains installent en Turquie des missiles pouvant atteindre Moscou en dix minutes, avec des ogives nucléaires à la puissance cent fois supérieure à celle d’Hiroshima. Pour Khrouchtchev, c’est une provocation. Le leader soviétique décide de répliquer dans le plus grand secret en installant une base dans le Cuba de Fidel Castro. En mai 1962, il lance l’opération "Anadyr" : 86 navires marchands et paquebots civils acheminent discrètement 50 000 hommes et 60 missiles. Lorsque les Américains se rendent compte de la supercherie, ils comprennent que cette escalade pourrait au moindre incident déclencher un conflit nucléaire. Du 14 au 27 octobre, la tension atteint son paroxysme avant que les deux puissances ne trouvent un accord pour la désamorcer. La postérité fera de cet épisode majeur de la guerre froide une victoire des États-Unis sur l’URSS. Pour l’opinion publique occidentale, JFK a évité la fin du monde en apportant une réponse ferme à une agression soviétique. Et pourtant, en coulisse, le président américain a multiplié les concessions... Dès lors, quel est le vrai bilan de la crise des missiles ?