Inédit, L’Afrique du Sud et la fin de l’apartheid, ce soir à 20h55 sur Arte

Inédit, L’Afrique du Sud et la fin de l’apartheid, ce soir à 20h55 sur Arte

Ce soir à 20h55, Arte diffusera la série documentaire inédite « L’Afrique du Sud et la fin de l’apartheid ».

À travers les témoignages de survivants et de descendants de victimes, mais aussi de coupables des crimes perpétrés en Afrique du Sud pendant l’apartheid, cette série met en lumière les enjeux d’une quête inachevée de justice. 

 

Les questions sans réponses

1948. Le Parti national instaure le régime de l’apartheid en Afrique du Sud. Ce système de ségrégation raciale, qui classe les citoyens en quatre catégories principales – Blancs, Noirs, Indiens et Métis – met en place un développement séparé des populations : les Blancs dans les villes, les autres dans des ghettos, les Noirs étant destinés à un regroupement forcé dans des bantoustans (territoires délimités). L’espace public commun est aussi strictement divisé entre communautés. Alors que la résistance et la lutte s’organisent, notamment sous l’égide de l’ANC (Congrès national africain) cofondé par Nelson Mandela, la répression, brutale, ne cesse de s’intensifier. En 1960, à Sharpeville, lors du rassemblement du Congrès panafricain qui dénonce les lois liberticides, la police tire sur la foule. Bilan officiel : 69 morts – le nombre réel serait bien supérieur selon des témoins.

En 1971, Ahmed Timol, jeune enseignant membre du Parti communiste, meurt en détention. Si les autorités prétendent que ce militant antiapartheid a "sauté" du dixième étage du commissariat de Johannesburg, sa famille conteste cette version. En 2017, la justice reconnaît enfin son assassinat par la police, mais l’auteur présumé, João Rodrigues, mourra quatre ans plus tard sans même avoir été jugé. D’autres familles de victimes attendent que justice soit rendue, comme le préconisait dans son rapport la commission Vérité et Réconciliation, mise en place en 1995 par Nelson Mandela. Environ 25 000 personnes sont mortes lors de violences politiques entre 1960 et 1994. Mais aucun responsable politique n'a été condamné, et seuls deux meurtriers du régime ont été incarcérés, les recours et les blocages ralentissant les procédures en cours dans une société clivée. 

 

Hors d’atteinte

Dans les années 1960 et 1970, le régime de l’apartheid se durcit encore. Alors que Nelson Mandela et d’autres figures de la lutte sont détenus à Robben Island, l’État sécuritaire multiplie les opérations secrètes. En juin 1976, des milliers d’écoliers du township de Soweto, au sud de Johannesburg, descendent dans les rues pour protester contre l’imposition de l’afrikaans dans l’enseignement. La police fait feu sur la foule, et l’Afrique du Sud s’enfonce dans la violence. Rejoignant alors la branche armée du Congrès national africain, de nombreux jeunes militants partent se former dans des camps à l’étranger. En 1982, quatre d’entre eux, membres du Cosas (Congress of South African Students), tombent dans un guet-apens orchestré par un askari, un informateur à la solde de la police secrète. Après avoir été reporté vingt-six fois, le procès se tiendra-t-il enfin, plus de quarante ans après les faits ?

 

Le pacte avec le diable

À la fin des années 1980, les sanctions économiques et les mobilisations de masse commencent à porter leurs fruits et le régime sud-africain est de plus en plus isolé. Sous la pression croissante de la communauté internationale, Nelson Mandela est enfin libéré en 1990, après vingt-sept ans d’emprisonnement. Quatre ans plus tard, "Madiba" devient le premier président noir de l’Afrique du Sud et crée la commission Vérité et Réconciliation, sous l’autorité de l’archevêque Desmond Tutu. Celle-ci doit faire la lumière sur les violations des droits de l'homme et les crimes commis pendant le régime ségrégationniste, en recueillant les témoignages croisés des victimes et des coupables, qui peuvent être amnistiés s’ils avouent la vérité. Mais fruit d’un compromis délicat entre le Parti national et le Congrès national africain, cette structure divise, qualifiée notamment de "pacte avec le diable" par l’avocate Yasmin Sooka. Trente ans après la fin de l’apartheid, ses promesses de justice ont-elles été tenues ? 

 

23h40 – Soudan : Un hôpital dans l'ombre de la guerre

Au Soudan, dans les monts Nouba, le quotidien d’un chirurgien, directeur d’un hôpital qui accueille une population confrontée à la famine et à la guerre civile.

Depuis plusieurs décennies, les habitants des monts Nouba, une région enclavée du sud du Soudan, fief historique d’une rébellion qui lutte contre l’oppression et la marginalisation des communautés non arabes, subissent la répression du gouvernement de Khartoum. Si la zone est paradoxalement moins dangereuse depuis la guerre civile qui oppose, depuis avril 2023, l’armée régulière et la milice arabo-musulmane des RSF (Forces de soutien rapide), elle affronte néanmoins une situation humanitaire chaotique, avec des centaines de milliers de déplacés, notamment chrétiens, qui viennent y trouver refuge.

Alors que la famine menace et que les médecins manquent, un hôpital tente de continuer à assurer ses missions. Ouvert il y a trente ans, l’établissement accueille chaque jour une centaine de patients, notamment des femmes enceintes, des combattants blessés et des enfants souffrant de malnutrition. Ce documentaire suit le quotidien de son directeur, Joseph Yacoub, seul chirurgien à des kilomètres à la ronde. Ce dernier s’attache à former Aziz Burma, un ancien soldat, et Nidal Difan, qui aspire à devenir la première chirurgienne des monts Nouba. Le portrait de professionnels déterminés à soigner les maux d’une population en grand danger.

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