Ce soir dès 20h55, Arte diffusera trois documentaires inédits sur la Seconde guerre mondiale.
L'odyssée des orphelins (1939-1949)
Pendant et après la Seconde Guerre mondiale, des centaines de milliers de mineurs, séparés de leurs parents, ont été ballottés de centres d’accueil en orphelinats. Cette situation a contribué à faire émerger une notion nouvelle : le meilleur intérêt de l’enfant.
Le 7 septembre 1949, un groupe de 123 orphelins de guerre polonais débarque au Canada dans le port d’Halifax. Pour eux, c’est la fin d’un éprouvant périple : ils ont été déportés en Sibérie après la mise sous tutelle par l’URSS des États baltes, où ils avaient trouvé refuge avant le pacte germano-soviétique, puis ont traversé l’Asie centrale avant d’être accueillis en Afrique dans le camp de Tengeru, au Tanganyika – l'actuelle Tanzanie.
Comme eux, ce sont des centaines de milliers de mineurs européens que le second conflit mondial a privés de leur foyer et de leur pays natal. Certains ont été séparés de leurs parents en fuyant l’avancée des troupes ennemies, d’autres les ont perdus dans un bombardement ou après une arrestation. D'autres encore se sont retrouvés seuls après avoir été déportés avec eux dans un camp de concentration. Quelques-uns aussi sont nés dans les "Lebensborn" nazis (des maternités à visée eugéniste), tandis que certains, livrés à eux-mêmes à la fin du conflit, ont erré en bande dans des villes en ruines…
Le cas Léon K.
Arrêté et interné en France en 1942, un jeune juif polonais écrit deux suppliques au maréchal Pétain, clamant son désir de vivre, avant de disparaître des radars de l'histoire. Une enquête minutieuse à la recherche de l’homme derrière les lettres.
Jeune Polonais d’origine juive, Léon Kacenelenbogen – dit Léon K. – a 21 ans quand il est arrêté en zone libre par la police française, lors de la rafle du 26 août 1942, et interné au camp de Douadic (Indre), avant d’être déplacé le lendemain à celui de Nexon (Haute-Vienne). Désespéré, il écrit coup sur coup deux longues lettres au maréchal Pétain, clamant son désir de vivre : des suppliques, tout à la fois solennelles et ironiques, rédigées dans un français parfait, qui témoignent de sa vivacité comme de sa rage d’être arrêté pour n’avoir commis d’autre crime que d’être "un représentant de la race damnée et condamnée".
Le jeune homme est finalement expédié au camp de Rivesaltes, dans les Pyrénées-Orientales – l’antichambre de Drancy. Mais il parvient à s’échapper, sans doute peu après son arrivée, et atteint l'Espagne. Il réapparaît en janvier 1944 sur les clichés du Nyassa, le seul navire autorisé, avant même la fin de la guerre, à quitter l’Europe pour la Palestine avec à son bord quelques centaines de réfugiés. Comment Léon K. a-t-il réussi à s'enfuir, et qu’est-il devenu ?
Le journal de guerre de l’abbé Franz Stock (Paris 1940-1944)
Franz Stock, aumônier militaire allemand, a accompagné à Paris des centaines de résistants condamnés à mort. À travers son journal, qui a documenté la terreur judiciaire orchestrée par la Wehrmacht sous l’Occupation, un récit qui interroge l’ambiguïté de ce témoignage.
De l’été 1940 à l’été 1944, le prêtre allemand Franz Stock travaille comme aumônier catholique dans les prisons de la Wehrmacht à Paris, où sont détenus des condamnés à mort parmi lesquels des résistants, des espions présumés et des otages. Parfaitement francophone, l’ecclésiastique, qui a déjà vécu à Paris avant-guerre, accompagne ainsi quelque 800 détenus jusqu’à l’heure de leur exécution. Durant cette période, celui qui est surnommé l’"aumônier de l’enfer" tient un journal au ton très factuel, qui documente avec une précision méthodique tous les événements auxquels il assiste.