Ce soir à 20h55, Arte diffusera les trois dernières parties de la série documentaire inédite « 1939-1962 : les divisions du monde ».
De la Seconde Guerre mondiale jusqu’aux années 1960, qui virent le monde se fracturer entre l’Est et l’Ouest, cette ambitieuse fresque historique entremêle reconstitutions soignées et images d’archives colorisées pour éclairer une période charnière du XXe siècle, au travers des destins de six personnages réels (Golda Meir, Nikita Khrouchtchev, Wernher von Braun…).
Nom de code : "Little Boy"
En 1944, Joan Hinton, 23 ans, termine ses études de physique. Tout juste diplômée, elle est recrutée par les responsables du "projet Manhattan", un programme de recherche ultraconfidentiel. À Los Alamos (Nouveau-Mexique), sous la direction d’Enrico Fermi et de Robert Oppenheimer, elle fait partie des rares femmes à participer au développement de la bombe atomique. De l’autre côté de l’Atlantique, Frantz Fanon risque sa vie dans les combats pour la libération de l’Alsace. Victime de discriminations raciales, il se prend à douter du sens de son sacrifice. Le 8 mai 1945, la guerre s’achève en Europe.
Hedwig Höss a fui avec sa famille devant l’avancée des troupes soviétiques. Mais lorsque les Britanniques finissent par la capturer dans le nord de l’Allemagne, la femme de l’ancien commandant d’Auschwitz doit choisir entre son mari et ses enfants… Les 6 et 9 août 1945, les Américains larguent deux bombes atomiques ("Little Boy" et "Fatman") sur les villes d’Hiroshima et de Nagasaki, conduisant à la capitulation du Japon. Face à l’ampleur des ravages, Joan Hinton est tiraillée. Le conflit est terminé, mais à quel prix ?
La terre promise
1947. Le rêve de Golda Meir est sur le point de se réaliser : les Britanniques vont se retirer de Palestine et l’ONU, nouvellement créée, a adopté un plan de partage du territoire. La responsable sioniste parcourt les États-Unis afin de lever des fonds pour le futur État d’Israël. Celui-ci est proclamé le 14 mai 1948, dans un contexte de violences extrêmes qui débouche, dès le lendemain, sur la première guerre israélo-arabe. De son côté, la physicienne Joan Hinton milite pour un arrêt des recherches nucléaires à des fins militaires.
Mais à l’heure où les Soviétiques seraient en passe de se doter de la bombe A, ses discours restent sans effet. La jeune femme décide alors de rejoindre son fiancé en Chine, où elle est bientôt rattrapée par la guerre civile opposant nationalistes et communistes. Pendant ce temps, Wernher von Braun arrive aux États-Unis, recruté par l’armée américaine pour poursuivre ses recherches sur les fusées. L’ingénieur va néanmoins devoir affronter son sombre passé.
Une ère nouvelle
À Lyon, Frantz Fanon achève ses études de médecine. En 1953, il décroche un poste de médecin-chef à l’hôpital psychiatrique de Blida-Joinville, en Algérie française, où des affrontements éclatent peu après son arrivée. S’il soigne dans son établissement des combattants des deux camps, le jeune homme s’engage aux côtés des indépendantistes dès le début du conflit. Le 5 mars 1953, Staline meurt. Ayant réussi à éliminer Beria, son rival, le chef de la police secrète, Nikita Khrouchtchev accède au poste de premier secrétaire.
En février 1956, au XXe congrès du Parti communiste, il dénonce les crimes de son prédécesseur et promet des réformes. Mais lorsque des mouvements de contestation émergent en Hongrie et en Pologne, les Soviétiques les répriment violemment. En Chine, Joan Hinton donne naissance à son deuxième fils. Au service désormais de la construction du communisme, elle rêve d’une vie meilleure pour tous. Mais comment croire à la paix dans un monde de plus en plus divisé ?