Ce soir à 22h50, Arte diffusera le documentaire inédit « White Power : au cœur de l'extrême droite ».
En Europe, l'extrême droite s'installe progressivement dans le paysage politique. Mais derrière une façade de plus en plus lisse se cache une idéologie demeurée fondamentalement raciste et violente. Une enquête implacable au sein d'un écosystème de la haine.
Les élections européennes de 2024 ont confirmé qu'une vague brune déferle sur l'Europe : 31 % pour le Rassemblement national (RN), 15,9 % pour l'Alternative für Deutschland (AfD), 14,5 % pour le Vlaams Belang belge... Derrière des façades plus souriantes et policées qu'autrefois, et la respectabilité proclamée par leurs têtes d'affiche Marine Le Pen, Alice Weidel et Tom Van Grieken, ces partis restent liés à une idéologie violente, profondément xénophobe et raciste, inspirée des théories suprémacistes du nazisme ou du Ku Klux Klan.
C'est à partir de 2015, lorsque, en pleine guerre civile syrienne, Angela Merkel décide d'accueillir 1 million de personnes en Allemagne, que l'AfD conquiert de nombreux Länder en ex-RDA, avant une percée électorale historique en 2023 en Bavière et en Hesse. Au sein de sa branche la plus nationaliste, Der Flügel, Björn Höcke, leader du parti en Thuringe, assume sa proximité avec le mouvement islamophobe Pegida.
En Belgique, la popularité du parti flamand Vlaams Belang croît fortement, tandis qu'il reçoit publiquement l'écrivain Renaud Camus pour présenter sa théorie du "grand remplacement". En France, après s'être hissé deux fois d'affilée au second tour de l'élection présidentielle, le RN a fait entrer 143 députés à l'Assemblée nationale lors des législatives anticipées de 2024. Mais s'il apparaît de plus en plus normalisé dans le champ politique français, ses liens avérés avec les extrémistes les plus violents, pour être de moins en moins rappelés, font pourtant peu de doute.