Le 24 juillet dernier, le gendarme de l'audiovisuel, l’ARCOM annonçait une décision historique : le retrait des fréquences attribuées à C8 (groupe Canal +) et NRJ12 (groupe NRJ), à compter du 28 février 2025.
Elles seront remplacées par Ouest-France TV et Réels TV (projet porté par le groupe CMI de Daniel Kretinsky qui détient les titres de presse Elle, Télé 7 Jours, Ici Paris, France Dimanche…).
Lancées en 2005, les deux chaînes payent leur manque de rentabilité, C8 ses nombreux manquements (57 depuis 2015 !) et amendes reçues (notamment à cause de TPMP) et NRJ12 son manque de créativité avec une grille des programmes très pauvre composée de trop nombreuses rediffusions.
Restées sans véritable réaction depuis, C8 et NRJ12 annoncent désormais avoir saisi le Conseil d’Etat pour contester la décision de l’ARCOM.
Le communiqué de C8
« C8 s’oppose fermement à la décision de l’Arcom en date du 25 juillet 2024, l’excluant pour le renouvellement de sa fréquence TNT, et a saisi le Conseil d’État d’un recours en référé-suspension. Une telle décision de l’Arcom est inédite dans l'histoire de la TNT, depuis sa création en 2005.
C8 lance ce contentieux connaissance prise de la jurisprudence existante, considérant que la situation de C8 est particulière au regard des enjeux économiques, sociaux et concurrentiels engendrés par cette décision pour une chaîne de télévision existante et installée dans le paysage audiovisuel depuis près de 20 ans.
La décision de l’Arcom de non-présélection de C8 fait bien grief à la chaîne et présente un caractère irréversible en excluant C8 de la phase de négociation des conventions avec l’Arcom devant aboutir à l’attribution des autorisations.
Ce recours est d’autant plus nécessaire que C8 subit ici au moins trois injustices profondes. Tout d’abord, il apparaît évident que l’Arcom a surtout entendu sanctionner la chaîne en raison de ses « manquements » liés à l’émission « Touche pas à mon poste ».
L’Autorité a déjà sanctionné lourdement C8 pour ce motif et rien ne l’autorisait à la réprimer à nouveau, dans le cadre entièrement différent du processus d’attribution des fréquences, a fortiori au travers d’une décision aussi disproportionnée qu’une éviction pure et simple des écrans.L’attitude de l’Arcom est d’autant plus choquante que C8 lui avait proposé d’instaurer un différé de diffusion de l’émission « Touche Pas à mon Poste » et que d’autres engagements auraient pu être négociés. Ensuite, bien au-delà de ce que permettent les textes, l’Arcom a entrepris de redéfinir à sa guise la notion « d’intérêt du public », qui constitue le critère primordial d’attribution des fréquences.
Elle a écarté C8, qui se classe pourtant 1ère chaîne de la TNT et qui réunit chaque jour plus de 9 millions de téléspectateurs cumulés. Par ailleurs, elle a nécessairement ignoré le fait que C8 respecte et dépasse largement l’ensemble de ses obligations, notamment en termes d’accessibilité, de production d’œuvres audiovisuelles et cinématographiques ou encore de diffusion de programmes inédits.
Pourtant, C8 était mieux-disante sur tous ces critères par rapport à de nombreuses autres candidatures. Tout laisse à penser qu’un climat d’hostilité envers la chaîne et le type de programmes qu’elle diffuse a régné au sein du collège de l’Arcom. C8 ne peut pas s’accommoder d’un tel manque d’objectivité et d’impartialité.
Enfin, il ne serait pas acceptable que C8 ne puisse pas demander au Conseil d’État d’empêcher une atteinte aussi massive et disproportionnée à l’existence même de l’entreprise. C8 se doit de tout mettre en œuvre pour défendre ses 300 collaboratrices et collaborateurs, qui œuvrent depuis près de 20 ans à son succès, mais aussi les nombreuses sociétés de production avec lesquelles elle collabore.
Des emplois sont en jeu, un écosystème tout entier se trouve menacé. Le recours de C8 vise donc à garantir un contrôle juridictionnel effectif et permettre à la chaîne de faire valoir ses droits aujourd’hui avant qu’une situation irrémédiable ne survienne avec l’attribution des nouvelles autorisations TNT qui devrait intervenir à la fin d’année alors que l’autorisation de C8 se termine en février 2025 ».
Le communiqué de NRJ12
« NRJ Group et NRJ 12 viennent de saisir le Conseil d'Etat en référé et au fond pour obtenir respectivement, la suspension puis l'annulation de la mesure de pré-sélection de l'Arcom ;
(…) Cette mesure, totalement incompréhensible, est en réalité une décision qui fait d'ores et déjà grief à NRJ 12, ce qui justifie la saisine du juge administratif sans attendre que l'Arcom publie ses décisions définitives.
Le groupe NRJ reste pleinement mobilisé pour défendre activement ses droits et utilisera toutes les voies de recours à cet effet ».
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Contre-attaque. Près de deux mois après la décision de l'Arcom de ne pas renouveler sa fréquence sur la TNT, C8 a annoncé, ce jeudi 19 septembre 2024, avoir saisi le Conseil d'État d'un recou...
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Non-renouvellement de la fréquence de C8 sur la TNT : la chaîne saisit le Conseil d'État
En juillet, le régulateur de l'audiovisuel a annoncé le non-renouvellement des chaînes C8 et NRJ 12 en 2025.