Ce soir dès 20h55, Arte diffusera deux documentaires inédits.
CASSE DU SIECLE AU LIBAN
Depuis 2019, le Liban affronte une crise économique et financière sans précédent. Cet état des lieux dense et alerte, nourri de témoignages très divers, montre comment une poignée de dirigeants a organisé ce qui constitue sans doute le plus gros détournement d’argent de l’histoire.
Depuis le début de la crise, à l'automne 2019, la livre libanaise a perdu 98 % de sa valeur face au dollar, l’inflation atteint des niveaux record et la grande majorité des habitants, privés d’accès à leurs comptes bancaires, à l’exception de retraits limités et surfacturés, s’enfoncent dans la pauvreté. Comment le Liban, autrefois surnommé "la Suisse du Moyen-Orient", a-t-il pu tomber si bas ?
C’est dans le chaos de la guerre civile (1975-1990) qu’ont émergé les principaux dirigeants du pays, anciens chefs de milices propulsés leaders politiques à la faveur d’une loi d’amnistie : les chiites Nabih Berri et Hassan Nasrallah (à la tête du Hezbollah), le représentant de la minorité druze Walid Joumblatt, les chrétiens Michel Aoun et Samir Geagea, auxquels s’ajoute le milliardaire sunnite Rafiq Hariri, artisan de la reconstruction de Beyrouth, nommé Premier ministre en 1992.
Pendant trois décennies, avec la complicité du système bancaire, cette caste dirigeante a joué avec les économies du peuple et pillé impudemment le pays. Bousculée par le soulèvement populaire d'octobre 2019, qui a vu un million de Libanais de toutes confessions descendre dans la rue, puis par l’explosion du port de Beyrouth le 4 août 2020, l’élite politique est parvenue à se maintenir au pouvoir en attisant une fois encore la peur de l'autre. Et les réformes exigées par la communauté internationale – pourtant prête à aider cet État stratégique pour la stabilité au Moyen-Orient – pour en finir avec la corruption endémique n’ont pas été engagées.
NUITS DE NOCES
Devant la caméra de Rachel Elitzur, des couples anonymes issus de la communauté ultraorthodoxe d’Israël racontent le déroulement de leur mariage arrangé. Un document rare qui interroge la violence inhérente aux traditions religieuses.
Dans la tradition des juifs ultraorthodoxes, le mariage obéit à des rituels stricts : guidés par leur rabbin, les jeunes fiancés, parfois tout juste sortis de l’adolescence, se connaissent souvent à peine au moment de la cérémonie qui unira leurs destins. Pour ces jeunes gens élevés à l’écart de personnes de l’autre sexe, dans l’ignorance des réalités de la vie matrimoniale et plus encore de la sexualité, le mariage, aussi attendu que redouté, est souvent vécu comme une violence. Elle-même membre de la communauté hassidique et divorcée, la réalisatrice Rachel Elitzur est partie de sa propre expérience pour se lancer dans un projet rare : recueillir la parole anonyme d’hommes, de femmes et de couples de tous âges qui racontent, avec pudeur mais sans détour, comment s’est déroulée leur union.