Il était une fois en Irlande du Nord, série documentaire inédite, ce soir à 20h55 sur Arte

Il était une fois en Irlande du Nord, série documentaire inédite, ce soir à 20h55 sur Arte

Ce soir dès 20h55, Arte proposera les trois volets de la série documentaire inédite « Il était une fois en Irlande du Nord » suivi du documentaire inédit « Irlande : le linge sale de l’Église ».

Sur le modèle de sa série multiprimée sur la guerre d'Irak, James Bluemel livre l'histoire intime du conflit nord-irlandais (1969-1998) au travers de vibrants témoignages et d'archives exceptionnelles.

De la fin des années 1960 à l'accord de paix du 10 avril 1998, dit "du Vendredi saint", les "troubles" qui ont opposé l'Armée républicaine irlandaise (IRA) aux forces militaires et policières britanniques et aux milices unionistes en Irlande du Nord ont causé plus de 3 500 morts, pour moitié des civils, sur quelque 1,5 million d'habitants. Ils ont aussi dressé l'une contre l'autre les populations catholique et protestante de l'Ulster et profondément bouleversé le destin des trois générations ayant subi dans leur chair une guerre de basse intensité qui n'a jamais dit son nom.

 

De la contestation au combat

Ce premier épisode retrace le basculement dans une violence de plus en plus prégnante quand, en 1969, les manifestations pacifiques pour les droits civiques des catholiques, sous-représentés dans les instances politiques locales en raison d'un système électoral biaisé, sont réprimées violemment par une police majoritairement protestante. La tension dégénère en émeutes, suivies de l'arrivée des troupes britanniques, chargées de rétablir l'ordre. Accueillies avec du thé et des gâteaux par les deux camps, celles-ci sont peu à peu assimilées par les catholiques à une force ennemie d'occupation, dont les méthodes deviennent de plus en plus brutales à mesure que l'IRA multiplie les attentats, ciblant notamment soldats et policiers. Au "Bloody Sunday" ("dimanche sanglant") du 30 janvier 1972, au cours duquel la police tire sur une foule pacifique à Londonderry (14 morts), vient répondre en juillet la série d'attentats à la bombe (9 morts) du "Bloody Friday", commanditée par l'IRA en représailles…

 

Toujours plus de victimes

Ce deuxième épisode est centré sur l'interminable grève de la faim lancée le 1er mars 1981 par des membres de l'IRA incarcérés dans la prison de haute sécurité de Maze ("labyrinthe" en anglais) pour obtenir le statut de détenu politique. Malgré la mort après soixante-six jours de jeûne de Bobby Sands, qui avait entre-temps été élu député, la Première ministre Margaret Thatcher reste inflexible, et neuf autres grévistes périssent. La popularité du mouvement paramilitaire et de sa branche politique, le Sinn Fein, est à son comble.

 

L'espoir d'une paix

Au terme d'une deuxième décennie de violences, la société nord-irlandaise est lasse, mais nul ne sait, de part et d'autre de Falls Road et Shankill Road (grands axes de Belfast majoritairement et respectivement peuplés de catholiques et de protestants), comment stopper le cycle ininterrompu de meurtres et de représailles. En octobre 1993, en réponse à un attentat à la bombe qui a tué neuf personnes sur Shankill Road, des miliciens protestants tirent au hasard dans un bar catholique, faisant sept morts. L'escalade se poursuit pendant quelques jours, mais cette semaine sanglante provoque un sursaut en faveur de la paix. Il faudra encore plus de quatre ans de pourparlers pour parvenir à un accord, et une génération supplémentaire pour commencer à oublier trente ans d'une guerre qui n'a épargné aucune famille…

 

Irlande : le linge sale de l’Église, les blanchisseuses de la Madeleine

"J’ai souvent pensé que je n’aurais pas survécu si j’avais été envoyée dans une blanchisserie des sœurs de la Madeleine. Je serais morte", confie avec émotion Joan Burton, vice-Première ministre d’Irlande de 2014 à 2016, placée à sa naissance, en 1949, dans un orphelinat avant d’être adoptée à l’âge de 2 ans. Ainsi, elle échappa au funeste destin des "Maggies", comme les surnommaient les Irlandais, ces filles, adolescentes et femmes qui trimaient dans les blanchisseries des sœurs de la Madeleine. De 1922 à 1996, le pays en compta dix, tenues d’une main de fer par les nonnes. Près de dix mille malheureuses y vivaient et y travaillaient dans d’épouvantables conditions, placées là par les pouvoirs publics, l’Église catholique ou les familles, plus ou moins conscientes de ce qui se déroulait entre leurs murs. Alors que ce scandale d’État a été mis au jour au début des années 1990, une dizaine de femmes livrent aujourd’hui des témoignages glaçants d’effroi sur leur enfance et leur jeunesse brisées.

Les mauvais traitements, les abus sexuels, les brimades, le froid, l’isolement, l’absence d’éducation, le travail harassant… "Tu es là parce que personne ne veut de toi", disaient les nonnes à Gabrielle, qui se souvient de cette ignominie, les larmes aux yeux. Dans une société misogyne et ultraconservatrice, où l’anticléricalisme n’existait pas, les femmes n’avaient que deux perspectives : devenir nonnes ou mères de famille. Celles que l’on jugeait trop belles et les filles-mères étaient généralement écartées de la société et enfermées dans ces blanchisseries. Dans la chaleur, la vapeur, les odeurs âcres, les Maggies travaillaient sans gants ni masque et nettoyaient aussi bien des tabliers ensanglantés d’abattoirs que des draps d’hôpitaux. Celles qui ne tenaient pas les cadences infernales étaient aussitôt châtiées par les sœurs...

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