Ce soir à 20h55, Arte proposera le documentaire inédit « Les camps : secret du pouvoir chinois ».
En images d’archives et en dessins, une plongée, nourrie de glaçants témoignages de victimes, au cœur de l’effroyable système concentrationnaire chinois, pivot du pouvoir communiste depuis quatre-vingts ans.
Partie 1
Instauré par Mao Zedong à la fin des années 1940, c’est un immense enfer invisible, filmé une seule fois clandestinement en 1991 par un ancien prisonnier. En quatre-vingts ans, 50 millions de "contre-révolutionnaires", ennemis de classe et autres "droitiers" – intellectuels, ouvriers, paysans, gardes rouges, étudiants… – sont passés par les camps du laogai ("réforme par le travail"), le système concentrationnaire chinois, et 20 millions y ont péri, exécutés ou morts d’épuisement, de faim ou de désespoir. Instrument de domination érigé en arme de répression massive par Mao, le laogai, constitué de centaines de camps répartis sur tout le territoire, a vocation à écraser toute velléité de contestation, en fournissant, par le travail forcé, une main-d’œuvre gratuite à l’économie du pays. De la première "campagne de rectification" au Grand Bond en avant, les purges se succèdent, avant de culminer avec la révolution culturelle, quand les unités de travail urbaines se transforment en lieu de détention, et les campagnes, en lieu d'exil. Tandis que la menace de déportation pervertit les liens les plus intimes, les familles des détenus sont mises au ban de la société. Une terreur qui survit à son chef…
Partie 2
Si la mort de Mao marque une rupture, l’espoir suscité par la politique de libéralisation de Deng Xiaoping ne dure pas. Les dazibaos du mur de la Démocratie à Pékin sont rapidement remplacés par des publicités, avant une énième vague d’arrestations – démocrates, délinquants présumés, jeunes urbains, chômeurs –, rappelant que la machine totalitaire perdure. Quelque 10 000 personnes sont exécutées entre octobre 1983 et avril 1984, et le laogai se remplit à nouveau. Un temps épargnés, les étudiants organisent des manifestions prodémocratiques, jusqu’au massacre de Tian’anmen en juin 1989. À l’aube des années 1990, la Chine compte plus de deux mille camps. À l’heure où le capitalisme d’État encourage l’enrichissement, les produits exportés en Occident sont tachés du sang des prisonniers. Accusés de dérive sectaire, les adeptes du Falun Gong constituent ensuite les nouvelles cibles. En 2012, Xi Jinping, dont le père a été persécuté – ainsi qu'il le sera ensuite lui-même, à l’adolescence –, prend la tête du Parti, avant d’éliminer ses rivaux sous couvert de lutte anticorruption. Les candidats à la dissidence sur le Net et les réseaux sociaux sont traqués, et une répression massive s'abat bientôt sur les minorités ethniques : Ouïghours, Kazakhs, Kirghizs…
23h00 – Nous somme Taïwan (inédit)
"Les autorités de Pékin ne doivent pas sous-estimer la force de la démocratie taïwanaise", déclare, en préambule de ce film, sa présidente, Tsai Ing-wen. Distante de 130 kilomètres des côtes chinoises, l’île se trouve au cœur de l’explosif bras de fer entre son voisin et les États-Unis. Mais son identité ne se réduit pas à sa résistance à la Chine communiste. Ce creuset où se mêlent 24 millions d’habitants d’origines diverses (parmi eux, 2 % d’aborigènes, les premiers habitants de l’île, particulièrement chouchoutés en période électorale) résulte d’une longue lutte pour la démocratie. Marquée par quatre siècles de colonisation, la "belle île" a successivement été envahie par les Espagnols, les Hollandais, les Mandchous et les Japonais, avant de se retrouver dans le giron de la Chine en 1945. Mais la révolution communiste orchestrée par Mao Zedong va tout bouleverser.
23h55 – Taïwan : la peur de l'invasion (inédit)
Taïwan vit sous la menace constante de son puissant voisin chinois. Car Pékin voit l’île de 24 millions d’habitants, État de facto doté d’un gouvernement et de ses propres institutions, comme une province dissidente à reprendre par tous les moyens. En annexant Taïwan, leader des semi-conducteurs et acteur central de l’économie mondialisée, Xi Jinping mettrait la main sur un marché hautement stratégique et ébranlerait les alliances américaines dans la région. Une attaque chinoise pourrait dès lors déboucher sur un conflit armé avec les États-Unis. Dans ce contexte de tensions, la visite à Taïwan de Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants, en août 2022, a été vécue comme une provocation par la Chine – qui a répondu en organisant des manœuvres militaires – et a engendré des critiques jusque dans le camp occidental. Le risque de guerre entre les deux superpuissances est-il avéré ? Quelles conséquences ce conflit aurait-il sur les populations locales et le reste du monde ?
Un an après l’invasion de l’Ukraine, l’escalade entre Taïwan et la Chine suscite une impression de déjà-vu qui laisse présager le pire. Analysant la situation politique, économique et militaire des deux pays, ce documentaire décrypte les relations qu’entretiennent aujourd’hui Taipei et Pékin, et évalue la menace de guerre entre la Chine et les États-Unis.