Arte diffusera le mardi 13 octobre 2026 à 20h55 le documentaire inédit « Chine, Russie, Inde et Cie, nouveaux maîtres du monde ? » suivi de trois documentaires inédits sur des scandales en Colombie, au Chili et en Inde.
Chine, Russie, Inde et Cie, nouveaux maîtres du monde ?
Dix-sept ans après sa fondation par le Brésil, la Russie, la Chine et l'Inde, la coalition des BRIC, aujourd'hui BRICS +, qui appelle à "désoccidentaliser le monde", a plus que jamais le vent en poupe. Un passionnant état des lieux historique et géopolitique.
Rapidement élargie à l'Afrique du Sud, l'organisation des BRIC – alors sans "s" – a été lancée en 2009 par le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine avec l'ambition affichée de "dédollariser" et "désoccidentaliser" l'ordre mondial. Dix-sept ans après, des États comme l'Iran, l'Égypte, l'Éthiopie, l'Indonésie et les monarchies du Golfe l'ont rejointe, et de nombreux autres attendent à la porte de ce club opulent (40 % du PIB planétaire, plus que le G7), dont la Turquie, pourtant membre de l'OTAN… Face à la multiplication des conflits et à l'urgence climatique, aggravés par l'erratique présidence Trump, le bloc occidental se fragmente et la faiblesse de l'ONU et de ses agences apparaît au grand jour.
Les BRICS+, qui disent représenter le "Sud global", ont le sentiment que leur moment est venu. Lors de leur dernier sommet en date, en 2025 à Rio, ils ont plaidé pour un nouvel ordre multipolaire, affranchi de l'hégémonie américaine mais aussi des valeurs dont ils contestent l'universalisme : la démocratie libérale et le respect des droits humains, aux fondements du droit international. Quel monde alternatif construisent-ils tandis que l'Occident regarde ailleurs ? L’Europe peut-elle y trouver une place ?
Cocaïne : la poudrière colombienne
Après des années d'accalmie, la Colombie a replongé dans l’enfer du narcoterrorisme. Cartels surarmés, guérillas reconverties dans la cocaïne, État en guerre totale : la violence atteint des niveaux inédits. Thomas Dandois enquête sur cet engrenage sanglant alimenté par l’insatiable appétit du monde pour la poudre blanche.
Attaques de drones bourrés d'explosifs dans les grandes villes ; assassinats de candidats à l'élection présidentielle ; offensives militaires dans les zones de production de cocaïne ; montée en puissance des cartels et des guérillas : ainsi va la vie aujourd'hui en Colombie. Après des années d'accalmie – à la suite de la signature d’un accord de paix entre le gouvernement et les FARC en 2016 –, le pays semble à nouveau sombrer. Guérillas et narcos se sont lancés dans des actions de guerre et de terrorisme.
"Avant, ils faisaient payer des taxes sur la production aux civils ; maintenant, ils les assassinent", explique le journaliste d’investigation Ignacio Gomez. Une atmosphère qui rappelle celle des années 1990 pendant lesquelles Pablo Escobar, les cartels et les groupes rebelles faisaient régner la terreur sur le pays. La cause principale de ce regain de violence est comme toujours le trafic de cocaïne. On compte aujourd’hui plus de 25 millions de consommateurs dans le monde, la Colombie assurant à elle seule les trois quarts de la production…
Les enfants volés du Chili : Sur la trace des adoptions illégales
Comme environ 20 000 Chiliens, Alejandro Quezada a été adopté illégalement à l’étranger. Ce film suit sa quête d’identité et son combat pour la justice, qui embrasse celui du peuple mapuche, dont sont issues la majorité des victimes.
S’il garde des souvenirs heureux de son enfance dans sa famille d’adoption néerlandaise, Alejandro Quezada a toujours eu le sentiment de n’être pas complètement à sa place. À l’adolescence, son mal-être l’a conduit au Chili, où il a vu le jour en 1979 pendant la dictature du général Pinochet. Il y rencontre sa mère biologique, qui croyait avoir accouché d’un bébé mort-né. Depuis, Alejandro a fondé la plate-forme Chilean Adoptees Worldwide, qui aide d’autres victimes d’adoptions illégales à faire la lumière sur leur passé et à réclamer justice. Mais parce que lui-même n’a pas trouvé toutes les réponses, le quadragénaire retourne dans son pays natal pour investiguer.
Sur place, il découvre qu’un grand nombre d’enfants enlevés avaient, comme lui, des racines mapuches. Se reconnectant à ses origines, Alejandro décide, avec des leaders autochtones, d’attaquer l’État chilien, accusé d’exercer une répression persistante à l’encontre de leur peuple.
Une enfance sous influence
Auprès de jeunes élèves, immersion dans un internat religieux à Varanasi, en Inde, qui se fait l’inquiétant berceau de l’intégrisme hindou.
Sur les bords du Gange, à Varanasi, ville la plus sacrée de l’hindouisme et centre religieux millénaire, se trouve Vidya Mutth, école avec internat pour garçons réputée. Sous l’égide du charismatique gourou Avimuktesh, les jeunes élèves, exclusivement recrutés parmi des familles de brahmanes, au sommet de la hiérarchie des castes, y apprennent au fil d’un cursus de huit ans le sanskrit, la langue des rituels, et les textes sacrés de l’hindouisme, la religion largement majoritaire du pays. Mais l’établissement inculque également à ses disciples des préceptes d’un nationalisme extrême – notamment à travers des prêches contre l’égalité entre les castes, ou d’autres d’une rare violence à l’égard des Indiens de confession musulmane, proches de l’appel à la guerre sainte…