Sur son site internet, l’ARCOM annonce pas moins de 6 interventions auprès de W9 concernant « Tout beau, tout n9uf », le nouveau talk show quotidien de Cyril Hanouna, lancé en septembre 2025. Jusque-là, l’émission avait été irréprochable sans aucune remontrance de l’Arcom !
Rappelons que sur toute son histoire, l’émission Touche pas à mon poste a fait l'objet de plus d'une quarantaine d'interventions du régulateur de l'audiovisuel (le CSA puis l’Arcom). Les manquements constatés relèvent de différents niveaux de gravité, allant de simples rappels à l'ordre à des mises en demeure pour non-maîtrise de l'antenne, insultes publiques, homophobie, canulars sexistes ou atteintes à la dignité humaine. Au total, la multiplication de ces dérapages a valu à C8 d'accumuler un montant historique de sanctions financières s'élevant à plus de 7,5 millions d'euros d'amendes.
Émission « Tout beau, tout n9uf » diffusée le 15 septembre 2025 : intervention auprès de W9
L'Arcom a été saisie au sujet d’une séquence de l’émission Tout beau tout n9uf diffusée sur la chaîne W9 le 15 septembre 2025, dans laquelle le chroniqueur Michel Mary a qualifié les suspects de la séquestration et du cambriolage d’un couple de retraités à Vaucresson, de « rebeu » et de « black ».
Réunie en collège plénier le 6 mai 2026, l’Arcom en a délibéré.
En l’espèce, il ressort de l’examen de cette séquence, que les propos litigieux ne sont pas de nature à encourager des comportements discriminatoires en raison de l’origine ou de la couleur de peau, compte tenu du fait qu’ils ne visent pas un groupe de personnes dans son ensemble. De même, l’Arcom a estimé que ces propos ne constituaient pas un manquement à l’exigence de respect des droits de la personne dans la mesure où les individus concernés n’étaient pas identifiables. Enfin, l’Arcom a considéré que ces propos ne constituaient pas un manquement à l’obligation d’honnêteté et de rigueur de l’information dans le cadre d’une procédure judiciaire en cours.
Si l’Arcom n’a pas retenu de manquement de l’éditeur dans le cas d’espèce, elle lui a toutefois fermement rappelé la nécessité d’éviter toute formulation susceptible de véhiculer des stéréotypes racistes, en particulier lorsqu’elle consiste à associer des comportements pénalement répréhensibles à des individus désignés par leur origine ou leur couleur de peau.
Émission « Tout beau, tout n9uf » diffusée le 16 septembre 2025 : intervention auprès de W9
L'Arcom a été saisie au sujet de la diffusion sur W9, le 16 septembre 2025, de l’émission « Tout beau tout n9uf » durant laquelle un invité a affirmé à propos des raisons ayant poussé une ministre à signaler le compte TikTok d’un influenceur : « elle a envie de baiser » et d’ajouter plus tard « j'ai rien contre cette connasse ».
Réunie en collège plénier le 06 mai 2026, l’Arcom en a délibéré.
En vertu de l’article 3-1 de la loi du 30 septembre 1986, l’Arcom « assure le respect des droits des femmes dans le domaine de la communication audiovisuelle. A cette fin, elle veille […] à l'image des femmes qui apparaît dans ces programmes, notamment en luttant contre les stéréotypes, les préjugés sexistes, les images dégradantes […] », ce que l’éditeur s’est, par ailleurs, engagé à respecter à l’article 2-3-12 de sa convention.
En l’espèce, l’Arcom a estimé que les propos litigieux constituaient un manquement aux textes susmentionnés. Leur diffusion a été accompagnée d’un plan large sur les rires et applaudissements du public. Le présentateur a par ailleurs ajouté : « non non non, c’est une amie en plus […] en vrai, elle est hyper sympa […], c’est un amour et je l’embrasse […] C’est une copine et elle est super ».
D’une part, l’intervention du présentateur, fondée uniquement sur ses liens personnels avec la personne visée, n’a pas permis de condamner le caractère sexiste des propos. D’autre part, compte tenu du contexte, la réaction d’un chroniqueur (« cette blague-là ne serait pas passée si c'était un mec qui était ministre »), à elle seule, n’a pas suffi à garantir la maîtrise de l’antenne. Dès lors, elle a également relevé un manquement à l’obligation de maîtrise de l’antenne, prévue à l’article 2-2-1 de la convention du service.
En conséquence, l’Arcom a fermement appelé la société Métropole Télévision à veiller, à l’avenir, au respect de ces obligations.
Émission « Tout beau, tout n9uf » diffusée le 30 septembre 2025 : intervention auprès de W9
L'Arcom a été saisie au sujet de la diffusion sur W9, le 30 septembre 2025, de l’émission « Tout beau tout n9uf » durant laquelle un chroniqueur a décrit comme un « problème » le fait que des personnes définissent leur genre indépendamment de leur sexe.
Réunie en collège plénier le 6 mai 2026, l’Arcom en a délibéré.
Elle rappelle que la discrimination ne saurait être regardée comme une opinion et constitue un comportement prohibé par la loi. Les éditeurs sont tenus de veiller, en toutes circonstances, à ce que les propos diffusés à l’antenne ne contribuent pas à banaliser ou légitimer de tels comportements, quels qu’en soient le fondement ou la cible.
En conséquence, l’Arcom a fermement appelé la société Métropole Télévision à faire preuve d’une attention accrue dans le traitement éditorial de ces sujets, afin de prévenir la réitération de tels constats.
Émission « Tout beau, tout n9uf » diffusée le 7 octobre 2025 : intervention auprès de W9
L'Arcom a été saisie au sujet de la diffusion sur W9, le 7 octobre 2025, d’une séquence de l’émission « Tout beau tout n9uf » durant laquelle ont été présentés à l’antenne des propos du professeur Didier Raoult affirmant qu’il existerait un lien entre la vaccination contre le covid et une hausse des cancers.
Réunie en collège plénier le 6 mai 2026, l’Arcom en a délibéré.
En l’espèce, l’Arcom a relevé que ce sujet – au caractère controversé – avait bien fait l’objet de l'expression de différents points de vue au cours de l’émission. Elle a cependant appelé l’éditeur à la prudence quant à la diffusion d’extraits particulièrement controversés sur le compte X de l’émission.
Émission « Tout beau, tout n9uf » diffusée le 30 octobre 2025 : intervention auprès de W9
L'Arcom a été saisie au sujet d’une séquence de l’émission Tout beau tout n9uf diffusée sur la chaîne W9 le 30 octobre 2025, dans laquelle l’invité Pierre-Jean Chalençon a qualifié Rachida Dati de « reine du couscous ».
Réunie en collège plénier le 06 mai 2026, l’Arcom en a délibéré.
L’examen de cette séquence a conduit l’Arcom à considérer que les propos litigieux avaient suscité de vives réactions de la part du présentateur et des chroniqueurs présents en plateau. Toutefois, compte tenu de l’expression employée pour désigner l’ancienne ministre de la culture en référence à ses origines, sans lien avec le sujet abordé, l’Arcom a fermement rappelé à l’éditeur la nécessité de veiller au respect des droits de la personne.
Émission « Tout beau, tout n9uf » diffusée le 1er décembre 2025 : intervention auprès de W9
L'Arcom a été saisie au sujet d’une séquence de l’émission Tout beau tout n9uf, diffusée sur la chaîne W9 le 1er décembre 2025, au cours de laquelle un chroniqueur a évoqué la situation d’un homme en situation de handicap lourd, hospitalisé à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, et dont la dégradation de l’état de santé a conduit l’équipe médicale à prendre une décision de limitation thérapeutique.
Réunie en collège plénier le 15 avril 2026, l’Arcom en a délibéré.
En vertu des stipulations de l’article 2-3-8 de la convention de W9, « L’éditeur respecte la délibération de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique relative à l’honnêteté et à l’indépendance de l’information et des programmes qui y concourent. » Or, l’article 1er de la délibération du 18 avril 2018 relative à l’honnêteté et à l’indépendance de l’information et des programmes qui y concourent prévoit que l'éditeur « doit assurer l'honnêteté de l'information et des programmes qui y concourent […] Il fait preuve de rigueur dans la présentation et le traitement de l'information. ». Enfin, conformément à l’article 2-2-1 de la convention de W9 « L’éditeur est responsable du contenu des émissions qu’il diffuse. Il conserve en toutes circonstances la maîtrise de son antenne. »
L’Arcom a estimé que la présentation des faits par le chroniqueur, omettant l’existence des décisions rendues par les juridictions administratives et adoptant un ton particulièrement accusatoire à l’encontre de l’hôpital, conduisait à un traitement partiel et orienté de l’information ne permettant pas au public de disposer de l’ensemble des éléments de contexte nécessaires à la compréhension de l’affaire, ce qui méconnaît les exigences d’honnêteté et de rigueur de l’information précitées. L’Arcom a également relevé la particulière sensibilité du débat relatif à la limitation thérapeutique, qui appelait à être abordé avec d’autant plus de précaution et de rigueur.
Par ailleurs, l’Arcom a considéré que l’absence de mise en perspective ou contradiction face aux propos litigieux traduisait un défaut de maîtrise de l’antenne telle qu’elle résulte des stipulations précitées de l’article 2-2-1 de la convention W9.
En conséquence, l’Arcom a demandé à la chaîne de veiller, à l’avenir, au respect des obligations précitées.
En revanche, s’agissant du caractère éventuellement diffamatoire d’éléments de cette séquence, son appréciation ne relève pas de la compétence de l’Arcom mais de celle du juge judiciaire.
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L'Arcom est l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, née de la fusion du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) et de la Haute Autorité pour la diffusion des...
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