Trois documentaires inédits sur les glaciers, ce soir à 20h55 sur Arte

Trois documentaires inédits sur les glaciers, ce soir à 20h55 sur Arte

Mardi 28 avril 2026 à 20h55, Arte programmera trois documentaires inédits sur les glaciers.

 

Glaciers : Enquête sur une disparition

Le changement climatique accélère la fonte des glaciers partout sur la planète. Au plus près des hommes, des territoires menacés d'effondrement. Une enquête menée sur tous les continents sonne l’alarme sur leur indispensable préservation.

Le 28 mai 2025, le glacier du Birch, en Suisse, s’effondrait. Dans la vallée, 130 maisons et l’église de Blatten étaient englouties sous 10 millions de mètres cubes de glace, de roche et de boue. Les glaciologues ayant pu prévoir plusieurs jours à l’avance son effondrement, l’évacuation des villageois a été organisée à temps et une seule victime fut à déplorer. Trois ans auparavant, le 3 juillet 2022, c’est la partie avant de la Marmolada, l’un des glaciers les plus majestueux des Alpes italiennes, qui s’était écroulée.

Des milliers de tonnes de glace et de roches avaient dévalé la pente à 300 km/h, emportant tout sur leur passage. Là, le bilan humain a été lourd : onze personnes, dont deux guides de montagne, ont trouvé la mort et huit autres ont été blessées. Ces dernières années, partout dans le monde, les glaciers sont devenus aussi imprévisibles et menaçants que les volcans. Dans les Alpes, comme dans toutes les régions où les hommes ont appris à vivre avec ces géants, l’inquiétude monte face à l’ampleur des adaptations nécessaires. Faut-il imaginer un monde sans glace ?

 

Coup de chaud sur l’Arctique

À travers les tragédies, liées au réchauffement climatique, de communautés locales en Sibérie orientale et au nord de l'Alaska, cette enquête alerte sur l’état de l’Arctique, indissociable de l’avenir de l’humanité mais sacrifié sur l’autel du profit.

De part et d'autre du détroit de Béring, Martha, dans le nord de l’Alaska, et Nikita, en Sibérie orientale, assistent à l’effondrement d’un monde et tentent de résister. Le pergélisol arctique, ce sol gelé depuis des millénaires qui porte des traces de l'ère des mammouths, fond aujourd'hui à une vitesse sans précédent. La terre s'enfonce et les infrastructures humaines avec elle. Les bâtiments se fissurent et s’affaissent, les routes se déforment, les cimetières sont inondés (les morts aussi subissent la crise climatique) et des communautés entières – Inuits en Alaska et Iakoutes en Sibérie – sont menacées. Bombe à retardement du passé, le pergélisol libère désormais aussi bien les virus préhistoriques (potentiellement toujours infectieux) que du dioxyde de carbone et du méthane.

Ces gaz à effet de serre augmentent encore le réchauffement climatique. Mais les intentions des dirigeants mondiaux de le réduire pâtissent du contexte de guerre et de l’instabilité économique, la sécurité énergétique étant érigée en dogme. Dans tout l'Arctique, qui recèle d'immenses réserves de combustibles fossiles – attisant la convoitise de Donald Trump au Groenland –, les forages s’accélèrent. En Sibérie, malgré les sanctions internationales, contre le projet russe Arctic LNG 2 notamment, l'exploitation du pétrole et du gaz se poursuit. Aux États-Unis, Willow, un forage à très grande échelle, près de la communauté de Martha, a été approuvée malgré son coût environnemental. Alors que l'Arctique se réchauffe quatre fois plus vite que le reste du monde, les scientifiques alertent sur un basculement et des boucles irréversibles de rétroaction – des voix étouffées par la loi du profit.

 

Tombeau de glace

Ce beau documentaire exhume les fantômes des trois héros suédois d'une expédition sans retour au pôle Nord, au travers de leurs photos, journaux de bord et lettres retrouvés en 1930, trente-trois ans après leur disparition.

C'est un ballon gris échoué sur la glace, dans le blanc de la banquise et du ciel, entouré de trois silhouettes masculines, un jour de l'été 1897. Quelques jours de dérive plus tôt, le 11 juillet 1897, August Salomon Andrée, le chef de l'expédition, le jeune Nils Strindberg, promu photographe, et le jeune ingénieur Knut Fraenkel, se sont envolés du Svalbard, archipel du nord de la Norvège, afin de cartographier la terra incognita qu'est alors le pôle Nord à bord de leur ballon à hydrogène. Strindberg, le benjamin du trio, tente l'aventure pour la deuxième fois aux côtés d'Andrée.

Cette fois, il a eu plus de mal à quitter la Suède : il est tombé amoureux d'une jeune femme, Anna, avec laquelle il se fiance au cours du voyage. Mais alors que le monde entier se passionne pour l'expédition, leur patrie en tête, tout contact avec elle est rompu après quelques messages optimistes, arrivés par pigeons voyageurs. Des recherches entreprises l'été suivant demeurent infructueuses.

Ce n'est qu'en 1930, trente-trois ans plus tard, grâce à une fonte des glaces exceptionnelle lors d'un été particulièrement chaud, que l'équipage d'un navire parti chasser le phoque découvre les restes de l’expédition sur l’île de Kvitøya (l’île Blanche), à l’extrême nord du Svalbard. Outre les trois cadavres, parfaitement conservés sous la neige, tout l’équipement est récupéré, dont des lettres et carnets intacts, et des rouleaux de pellicule photo. Sur 240 clichés retrouvés, 93 ont pu être sauvés. Leur beauté fragile, fantomatique, constitue la matière première de ce récit.

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