Le lundi 11 juillet 2022 à 21h10, France 3 programmera le documentaire inédit « La rafle du Vel d'Hiv, la honte et les larmes ».
Près de 13 000 Juifs sont arrêtés en région parisienne les 16 et 17 juillet 1942, C'était il y a 80 ans.
Près de 13 000 Juifs sont arrêtés en région parisienne les 16 et 17 juillet 1942, dont 8 000 envoyés vers le palais des sports du Vélodrome d’Hiver avant d’être déportés. C’est, de loin, la plus grande rafle menée par la police française dans la France occupée. Il n’y a aucun équivalent en Europe de l’Ouest. À partir de recherches inédites, ce film mêlant témoignages des derniers survivants, scènes d’animation et images d’archives retrace l’histoire de cette terrible opération.
12 884 femmes, hommes et enfants arrêtés à Paris en un peu plus de 24 heures et envoyés vers les camps de la mort durant l’été 1942. Il n’y avait pas de mots pour qualifier une telle opération – les policiers chargés des arrestations parlèrent de « rafle monstre ». Il n’existait aucun précédent historique – le seul parallèle venant à l’esprit des contemporains étant la Saint-Barthélemy, ce massacre de plusieurs milliers de protestants à Paris à l’été 1572…
Plus de 8 000 Juifs arrêtés les 16 et 17 juillet 1942 ont été envoyés vers le palais des sports du Vélodrome d’Hiver (XVe arrondissement), à deux pas de la tour Eiffel, avant d’être déportés. L’expression « rafle du Vel d’Hiv » s’est imposée dans la mémoire collective, au point de devenir le principal repère mémoriel sur la France des années noires. En 1995, c’est sur les lieux de l’ancien vélodrome que le président Jacques Chirac a reconnu la responsabilité de l’État français dans la déportation des Juifs. La rafle du Vel d’Hiv est devenue le symbole absolu du drame de la Shoah en France et des conséquences criminelles de la politique de collaboration menée par Vichy. Cette livraison aux nazis de milliers d’innocents, au mépris de la convention d’armistice, juge définitivement le régime pétainiste.
Paradoxalement, la grande rafle des 16 et 17 juillet 1942 n’a jamais été racontée du point de vue de son organisation policière et des témoins des événements. À partir de recherches menées dans des archives inédites ou rarement explorées, ce film retrace l’histoire de cette rafle telle que l’ont vécue Juifs pourchassés et policiers traqueurs, depuis sa planification dans les bureaux de Vichy jusqu’à son déroulement heure par heure dans les rues parisiennes. En se focalisant sur l’événement le plus marquant de la France occupée, c’est toute la politique de Vichy et le rapport de la société française à l’égard des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale qui sont mis en lumière.
22h40 – Les suppliques (documentaire inédit)
Depuis la défaite, les nazis qui sont les maîtres de la zone occupée puis l'État français, qui règne depuis Vichy sur la zone dite libre, ordonnent aux Juifs d'aller se faire recenser.
À partir du printemps 1941, qu'ils soient français depuis plusieurs générations ou naturalisés depuis quelques années, étrangers réfugiés en France ou apatrides chassés de leur pays, ils sont fichés, arrêtés, ou menacés à tout moment.
Alors, eux-mêmes ou leurs proches écrivent à l'administration, ou directement au maréchal Pétain qui leur semble être l'ultime recours. Ces requêtes s'appellent des Suppliques.
Des hommes, des femmes, parfois des enfants, cherchent donc, comme ils peuvent, par tous les moyens, à desserrer le piège. Ils s'adressent à leurs bourreaux, mais ils ne le savent pas. C'est leur voix que nous entendons aujourd'hui. C'est leur vie qu'ils confient et qu'ils espèrent sauver…
Le film de Jérôme Prieur repose sur le travail d'enquête mené depuis plusieurs années par l'historien Laurent Joly sur 43 cartons retrouvés contenant des milliers de lettres inédites, récemment inventoriées.
Ces lettres, surchargées, suppliantes, pathétiques ou indignées, sont autant de témoignages d'une richesse inouïe, au plus près de la persécution.
Centralisées et classées par le Commissariat général aux questions juives, sorte de ministère français de l'antisémitisme, elles font l'objet de réponses, personnalisées parfois, souvent hypocrites, justifiant une fin de non-recevoir froide et implacable.