Le lundi 1er octobre 2018 à 21h00, TF1 programmera le téléfilm français inédit évènement « Jacqueline Sauvage : c’était lui ou moi », avec Muriel Robin.
Jacqueline Sauvage est devenue l’une des figures emblématiques des femmes battues en France. Condamnée à dix ans de prison après avoir tué son mari violent de trois balles dans le dos en 2012, elle avait finalement été graciée par François Hollande en 2016. Muriel Robin se glisse avec sensibilité et justesse dans la peau de cette femme malmenée par son mari et par la vie.
Histoire
Le lundi 10 septembre 2012, Jacqueline Sauvage tue son mari de trois balles dans le dos. Ainsi commence l’affaire judiciaire la plus médiatisée de ces dernières années.
A travers son parcours en prison et les deux procès qui ont défrayé la chronique, cette histoire relate le calvaire qu’a enduré cette femme et ses enfants, les polémiques autour de la personnalité de la meurtrière et les rebondissements de son affaire.
#TF1Fiction Muriel Robin livre une performance exceptionnelle en incarnant #JacquelineSauvage. Une histoire qui a bouleversé la France à découvrir prochainement sur #TF1 pic.twitter.com/LMdHM4Lo6G
— TF1 (@TF1) 27 août 2018
En tant que femme, le sujet des violences conjugales me touche particulièrement. Or, je trouve qu’il n’est pas abordé si souvent. Il est parfois mis en lumière médiatiquement puis s’éteint brutalement. Mettre un coup de projecteur ne me paraissait pas de trop. Il faut rappeler qu’une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint en France. Ce n’est pas rien ! Mais le sujet est complexe et les solutions sont difficiles à trouver. Pourquoi un homme devient-il violent ? Comment une femme peut-elle s’en défaire ? Ces femmes ne peuvent pas partir car elles ont peur. Souvent, elles n’ont d’ailleurs pas vraiment le choix. Pouvoir choisir est un luxe ! Pour elles, parler présente des risques. Je pense justement qu’il est de notre devoir d’en parler, encore et encore, pour essayer de les aider à sortir du silence.
Il me semblait important que je m’engage et que j’écrive au président au nom de toutes les femmes battues, vivantes ou décédées. Pour moi, il s’agit réellement de légitime défense dans le cas de Jacqueline Sauvage, même si les faits ne correspondent pas à la définition de la loi. Elle a décidé de mettre fin à quelque chose d’horrible. En ce sens, elle est devenue une figure emblématique de ce combat. Chaque fois que l’on m’a tendu un micro, j’ai dit qu’elle avait été graciée pour toutes celles qui étaient mortes et dont on n’a jamais entendu parler. Elle sera pour toujours leur représentante.
Quand Yves Rénier m’a appelée pour m’en parler, je lui ai immédiatement répondu : je suis Jacqueline Sauvage ! Ensuite, lorsque j’ai lu le scénario, j’ai imaginé le personnage. J’ai tout de suite pensé qu’il s’agissait d’un rôle intéressant, fort et riche. Dans le métier de comédien, il ne s’agit pas seulement de jouer mais d’être, d’incarner. Si on ne sent pas ce genre de rôle dans ses tripes, d’une manière animale, il ne faut pas le faire. C’était loin d’être mon cas !
J’ai passé une journée avec Jacqueline pour m’imprégner d’elle. Au début, j’ai essayé de prendre son timbre de voix, mais j’ai finalement trouvé que c’était inutile. Je suis restée connectée avec mon rythme intérieur. J’ai aussi lu son livre mais ma bible a toujours été le scénario. Je l’ai d’ailleurs lu de nombreuses fois. Je suis assez instinctive. J’ai fait le plein d’images, d’informations… puis à un moment donné, j’ai inventé, même si j’ai imaginé quelque chose qui devait être proche de la réalité. En parlant avec Jacqueline, je me suis rapidement rendu compte que, au-delà de tout le reste, c’est la perte de son fils (pendu le jour où elle a tué son mari) qui l’accompagnera jusqu’à la fin de ses jours. Perdre un enfant est sûrement ce qui peut arriver de pire dans la vie d’une mère.
Jacqueline est beaucoup dans le silence, c’est une taiseuse. Ça me parle car je l’ai été moi aussi. Chez nous, on ne parlait pas beaucoup non plus. On n’avait pas le temps pour ça. On travaillait et on gardait les choses pour soi. En fait, Jacqueline, je la connais. Nous sommes de la même famille ! En tant que comédienne, je trouve cela plutôt agréable et intéressant à jouer. Au même titre, j’aime les scènes où les acteurs sont de dos. Il n’y a pas toujours besoin de paroles et certains dos en «disent» beaucoup !
Jouer les scènes de violences pendant huit jours, c’était déjà très dur. Je n’ose imaginer ce que ça devait être dans la réalité pendant quarante-sept ans ! Un être qui en frappe un autre à mains nues, l’insulte, c’est d’une violence inouïe. Olivier Marchal, qui interprète Norbert, faisait attention, mais il était obligé de m’attraper, de me secouer… Nous sommes dans une fiction mais lorsque l’on tourne ces scènes, entre le «action» et le «coupez», elles existent. Chaque fois, nous étions un peu comme en apnée. A la fin de certaines séquences, l’équipe pouvait être sous le choc ; il y avait parfois des silences pesants avant que les conversations reprennent doucement. Le premier week-end après avoir commencé, j’étais triste et vidée. Les scènes de tribunal étaient aussi très intenses. J’y ai beaucoup pleuré !
Je ne cherchais pas à lui ressembler absolument mais à faire une composition de ce que j’avais saisi d’elle. Le jour où elle est venue, nous avons tourné des scènes légères. On n’allait pas lui imposer des séquences difficiles. Quand elle a vu Olivier Marchal arriver sur le plateau, elle a trouvé qu’il se comportait exactement comme son mari. Elle a pensé que beaucoup de comédiens ressemblaient un peu physiquement aux protagonistes dans la réalité.
Olivier Marchal est exceptionnel dans le rôle de Norbert. Il nous présente un homme alcoolique et violent particulièrement troublant. Alix Poisson et Armelle Deutsch, qui interprètent mes avocates pendant le procès en appel, sont formidables. J’étais très fière d’être à leurs côtés. Quant aux trois comédiennes qui incarnent mes filles, elles sont excellentes également. Ça jouait vraiment ! Les textes étaient sus, il y avait de la place pour le jeu... Nous devions tous être à la hauteur du sujet pour le servir le mieux possible. Nous avons fait notre maximum.
J’ai dit à Jacqueline que je le regarderai à côté d’elle, main dans la main. Quand je lui ai demandé si elle risquait de pleurer, elle m’a répondu qu’elle ne pleurait plus parce qu’elle n’avait plus de larmes !
Avec : Muriel Robin (Jacqueline Sauvage), Olivier Marchal (Norbert Marot), Alix Poisson (Me Tomasini), Armelle Deutsch (Me Bonaggiunta), Samantha Rénier (Fabienne), Erika Sainte (Carole), Laura Sépul (Sylvie), Anissa Allali (Nicky Zuliani), Clément Manuel (Pascal), Yves Rénier (Directeur de prison), Catherine Demaiffe (Présidente Cour d'assises), Hélène de Saint-Père (Présidente Cour d'appel), Agnès Guignard (Christiane Marot), Laurent d'Elia (Avocat parties civiles), Adèle Sierra (Jacqueline jeune), Louis Marbaix (Norbert jeune), Cécile Brohez (Surveillante 1), Cécile Rittweger (Surveillante 2), Christophe Sermet (Marc), Noah Dor (Pascal 12 ans), Saskia Dillais di Melo (Fabienne 8 ans), Jeanne Suttor (Sylvie 15ans), Juliette Halloy (Carole 14 ans), Muriel Bersy (Voisine), Adonis Danieletto (Christian), Luna Halloy (Fabienne 17 ans), Thibaut Neve (Médecin légiste), Fred Nyssen (Lieutenant Gendarmerie), Philippe Cochin (Maire), Raphaëlle Bruneau (Suzanne), Laurent Bonnet (Gendarme année 80)
Avec la participation de Philippe Résimont (Avocat général)
23H00 - Jacqueline Sauvage, victime ou coupable ? (Documentaire inédit)
Son destin a bouleversé les Français et fait d’elle un symbole. Le 28 décembre 2016, le président de la République décide la grâce de Jacqueline Sauvage. Quelques minutes plus tard, la sexagénaire est libérée, après plusieurs années derrière les barreaux.
Cette décision de François Hollande - une première dans une affaire de violences conjugales - fait alors polémique car la Justice avait condamné par deux fois Jacqueline Sauvage à dix ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son mari. En 2012, dans leur maison de la Selle-sur-le-Bied dans le Loiret, cette chasseuse tuait Norbert Marot de trois balles de fusil dans le dos, après plusieurs dizaines d'années d'enfer conjugal, marqué, selon elle, par la violence et par les viols de leurs trois filles.
Pour les uns, Jacqueline Sauvage est coupable de s’être fait justice elle-même. Pour les autres, c’est d’abord une victime qui a agi en état de légitime défense face à un mari violent. Jacqueline Sauvage, victime ou coupable ? Une enquête de Marion Baillot et Pauline Liétar, à l’aide d’images et de témoignages exclusifs, dont notamment celui de ses filles et de François Hollande.