Au sommaire du magazine d’information « Complément d’enquête », présenté par Thomas Sotto, ce soir à 23h05 sur France 2, une enquête inédite intitulée « 93 : l'indispensable industrie du shit ».
1 milliard d’euros de chiffre d’affaires par an, 100 000 « salariés » : ces chiffres ahurissants seraient ceux du business de cannabis en Seine-Saint-Denis. A l’ombre des barres d’immeubles, cette économie parallèle s’est imposée. Avec ses bons ou mauvais patrons, ses employés modèles, ses smicards, ses journées de travail et son « code du travail » très particulier.
Aujourd’hui elle « perfuse » l’économie réelle : petits dealers et gros bonnets, avocats, hommes politiques et habitants, tous profitent directement ou indirectement de cette industrie du shit devenue indispensable !
Chez les dealers de Saint-Ouen se pressent près de 1 000 clients par jour. A Aulnay-sous-Bois, Saint-Denis ou Bagnolet, certains "fours" rapportent quotidiennement jusqu’à 70 000 euros. Tarik est une petite main, un "charbonneur" : dans son hall d’immeuble, c’est lui qui vend aux clients leurs barrettes de hachisch. Payé à la journée, il n’a bien sûr ni congés payés ni cotisations retraite. Mais son salaire atteint 2 000 euros par mois. Deux mille euros en cash, impossibles à déposer à la banque. Alors, Tarik dépense, et il paie tout en liquide. Des petites coupures dilapidées dans les centres commerciaux du secteur. Loyer, voiture, courses au supermarché, vêtements : "Sans l’argent du trafic, certaines familles ne pourraient pas vivre", raconte le vice-procureur du tribunal de Bobigny.
Qui profite vraiment de ces millions en liquide ? Comment les narcotrafiquants blanchissent-ils cette manne ? L’Etat a-t-il vraiment intérêt à voir cesser la vente de stupéfiants ? Le shit pourrait bien être le premier employeur de Seine-Saint-Denis...
Complément d’enquête sur une industrie florissante, qui ferait vivre nombre de familles et de commerçants du département le plus pauvre de France.
Source : France 2