A 20h55, Arte proposera au cours de sa soirée « Grands évènements sportifs : le marathon des villes candidates », les documentaires inédits « La piste des éléphants blancs » et « Forçats du stade ».
La piste des éléphants blancs
De plus en plus de voix s'élèvent contre le gouffre financier que représentent les Jeux Olympiques pour les pays organisateurs. Tour d'horizon de projets monstres laissés à l'abandon.
Une fois la fête terminée, que deviennent les coûteuses infrastructures édifiées sur les deniers publics par les villes organisatrices des Jeux olympiques ? Très souvent, elles sont destinées à finir en "éléphants blancs" : trop chères à entretenir, elles sont laissées à l'abandon ou reprises à prix bradés par des investisseurs privés. Athènes, théâtre des dispendieux JO d'été de 2004, en offre un exemple accablant. Quant aux stades construits spécialement pour les Jeux qui s'ouvrent à Rio - alors qu'on aurait pu se contenter de réhabiliter certains des édifices qui ont accueilli les Jeux panaméricains de 2007 -, ils menacent déjà de subir le même sort. La candidature de la France à l'organisation des JO de 2024, censée tourner le dos au gigantisme en s'inscrivant dans la cohérence urbanistique du Grand Paris, changera-t-elle la donne ?
Une enquête de terrain édifiante et étoffée, qui donne aussi la parole aux membres de la société civile opposés à cette dérive : on rencontre ainsi Andrew Zimbalist, ancien militant du mouvement No Boston Olympics, dont la campagne a précipité le désaveu populaire de la candidature de sa ville pour les Jeux de 2024. De son combat, il a tiré un livre, Circus maximus, plaidoyer contre les gouffres financiers qu'engendrent les manifestations sportives internationales.
Forçats du stade
L'attribution par la Fifa de la Coupe du monde de football 2022 à l'émirat du Qatar a déclenché un tsunami dans les milieux sportifs internationaux et l'opinion publique. Cette enquête se penche sur les conditions de travail et de rémunération scandaleuses des ouvriers affectés aux différents chantiers de construction des infrastructures.
Au-delà du soupçon de corruption planant sur l'instance de régulation mondiale du football, les conditions de travail et de rémunération des ouvriers, affectés aux différents chantiers de construction des infrastructures, ont été largement dénoncées. En majorité indiens et népalais, ces derniers sont privés de leurs droits les plus élémentaires et très mal payés. Plus d'un millier de ces malheureux seraient déjà morts d'épuisement ou à la suite d'accidents du travail.
En enquêtant au Qatar, Esther Saoub a constaté que ce sont les entreprises privées de sous-traitance qui exploitent les ouvriers, hors de tout cadre juridique. De son côté, Stefan Maier s'est rendu au Népal, où le tremblement de terre de 2015 a poussé une grande partie des forces vives masculines à émigrer pour trouver un emploi, à n'importe quel prix. Leur documentaire pointe les dérives liées à l'organisation d'événements sportifs XXL sous la houlette de la Fifa, de l'UEFA ou du Comité international olympique (CIO). Des institutions prestigieuses qui ferment allègrement les yeux sur les dysfonctionnements tragiques qui surviennent avant, pendant, mais aussi après les manifestations, en aggravant l'endettement des pays, obligés de gérer des installations sportives à la durée de vie éphémère.
Source : Arte